Jours fériés : les supermarchés peu enclins à respecter la loi
Le Journal de Montréal
Il semble que les grandes succursales soient le plus réfractaires à la Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux, applicable notamment le 24 juin et le 1er juillet.
Au Métro Plus Domaine de la rue Sherbrooke Est, quatre caissières et au moins deux aides-caissiers s’affairaient vers midi hier. La gérante Joanne Rainville reconnaît l’illégalité de la manoeuvre, mais dénonce ardemment la loi.
« À quatre employés, c’est impossible de faire fonctionner le magasin. Oui, j’ai des petits gars qui nous aident parce que sans eux, ça ferait de la vraie schnoutte », avoue-t-elle.
Mme Rainville oeuvre dans le domaine depuis une trentaine d’années. Selon elle, le gouvernement devrait forcer les marchés d’alimentation à fermer leurs portes pour les congés fériés.
« On travaille à perte. Les clients laissent parfois leur panier d’épicerie dans une rangée puis s’en vont. Je suis obligée de jeter des aliments parce que je ne sais pas depuis combien de temps ils sont là », témoigne-t-elle, exaspérée.
Loblaws contourne la loi
Au Loblaws de la rue Rachel, l’administration a tenté de contourner la loi en faisant travailler au moins deux employés vêtus en civil.
Un jeune homme interrogé brièvement par le Journal s’occupait à approvisionner le comptoir des viandes, alors qu’un autre ramassait les paniers d’épicerie laissés çà et là par les clients.
« Je n’ai pas d’aides-caissiers aujourd’hui et je ne suis pas au courant de ça. Nous respectons la loi », s’est défendue la gérante de l’établissement, qui a refusé de s’identifier. Outre ces deux employés, quatre autres caissiers vêtus du polo gris distinctif étaient présents sur le plancher, en plus de la gérante des caisses.
Des amendes salées
Des épiceries de plus petite taille comme le Provigo de la rue Sherbrooke et le Métro de l’avenue du Mont-Royal ont aussi fait l’objet de l’enquête. Aux deux endroits, le nombre d’employés était respecté.
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, n’était pas disponible hier pour commenter la situation, tout comme le président de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, Florent Gravel.
Les amendes prévues pour le non-respect de la loi sont de 1 500 $ pour une première infraction, de 6 000 $ pour une deuxième et de 9 000 $ pour une troisième.



