540 couturières sortent pour aller entendre leur cause
Le Journal de Montréal
Les machines à coudre de l’usine Golden Brand sont demeurées silencieuses, hier. Dans un mouvement « spontané », les 540 couturières ont quitté le travail pour aller plaider leur cause devant un arbitre du travail.
« Il y a des contremaîtres à l’usine qui n’ont pas aimé cela, à en juger par leurs visages longs », a confié hier au Journal de Montréal la directrice du Conseil du Québec Unit Here (FTQ), Lina Aristeo.
Les couturières - surtout des immigrantes - ont tenu à entendre l’arbitre du travail Jean-Pierre Lussier.
Elles se sont présentées au travail, à l’usine de la rue Saint-Denis, puis elles ont abandonné leurs machines à coudre pour se rendre à la rencontre arbitrale, en métro et en autobus.
La séance d’arbitrage s’est déroulée dans un hôtel du centre-ville, dont la salle de réunion n’était pas assez vaste pour accueillir tout ce beau monde.
Un petit groupe de couturières, plus familières avec la confection de complets pour hommes qu’avec les procédures liées au monde des relations de travail, ont écouté attentivement les plaidoiries.
« Ces femmes-là n’ont pas été payées (hier) pour s’être absentées du travail. C’est dire à quel point elles tiennent à défendre leur cause », a dit Lina Aristeo.
Une deuxième rencontre
Le syndicat a déposé un grief - soumis à l’arbitrage - avec l’intention d’empêcher la fermeture de l’usine, fournisseur des vêtements pour la chaîne Moores.
« Nous avons constaté que l’arbitre du travail reconnaît l’urgence de la situation puisqu’il a décidé de nous revoir le 25 juin.
« Le sauvetage de l’usine, et des emplois, demeure envisageable », a précisé Lina Aristeo.
Le syndicat fait valoir que le fabricant ne pourrait fermer son usine pour ensuite confier à des sous-traitants la confection de vêtements pour hommes, au moins jusqu’à la fin de la convention collective.
Golden Brand, propriété du géant Men’s Warehouse (1 273 magasins), serait ainsi lié par cette clause jusqu’à la fin de la convention, qui expire à la fin de 2009.
La fermeture de l’usine doit s’amorcer à compter du 20 juin. Les derniers employés cesseront de confectionner des vêtements pour hommes au plus tard le 8 juillet.
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