Le samedi 7 novembre 2009

Jean Charest rejette l'idée de revoir le mandat de la Caisse de dépôt

31 mai 2008 | 14h14
ARGENT 
Jean Charest © Archives Clément Allard/LA PRESSE CANADIENNE

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Quel que soit le nom de celui ou celle qui succédera à Henri-Paul Rousseau, il n'est pas question de profiter de la transition pour revoir le mandat de la Caisse de dépôt et placement.

L'institution devra donc continuer à centrer son action sur le rendement, essentiellement, bien avant le développement économique ou le maintien des sièges sociaux au Québec.

Le premier ministre Jean Charest a fait cette mise au point, samedi, rejetant catégoriquement l'idée lancée la veille par le Parti québécois de tenir un vaste débat sur le mandat confié à la Caisse.

Selon lui, plus les politiciens se tiendront à distance de la gestion du bas de laine des Québécois, mieux ce sera.

«La dernière chose dont la Caisse a besoin, c'est que la politique se mêle de l'administration des retraites des Québécois», a tranché le premier ministre, lors d'un point de presse, en marge d'une allocution prononcée dans le cadre du congrès du Barreau du Québec.

Vendredi, commentant le départ précipité d'Henri-Paul Rousseau de la Caisse, le porte-parole en matière de Finances du PQ, François Legault, a dit vouloir un débat en bonne et due forme à l'Assemblée nationale sur les orientations prises par la Caisse en matière de développement économique et de maintien des centres de décision au Québec.

Selon lui, une majorité de députés présents à l'Assemblée nationale rejettent l'approche actuelle de l'institution sur ces questions, et la tenue d'un débat serait donc nécessaire avant la nomination d'un successeur à M. Rousseau.

Mais le gouvernement demeure inflexible et maintient que c'est la recherche du rendement qui doit primer sur tout le reste, quoi qu'en dise l'opposition péquiste, qui souhaite une Caisse plus interventionniste dans l'économie.

«On a recentré la mission de la Caisse, on ne reviendra pas là-dessus», a ajouté M. Charest, qui va jusqu'à soupçonner les deux partis d'opposition de vouloir «mettre leurs deux mains dans la Caisse».

Les libéraux ont procédé à un changement de la mission confiée à la Caisse, en 2004, en modifiant la loi pour faire en sorte qu'elle vise d'abord et avant tout à faire fructifier l'avoir des Québécois, tout en contribuant au développement économique.

«C'est nos retraites à nous qui sont confiées à la Caisse, ce n'est pas rien», a-t-il ajouté Quant au processus menant à la désignation d'un successeur de M. Rousseau à la tête de la Caisse, M. Charest dit qu'il fallait prendre le temps nécessaire pour trouver la perle rare.

«La recherche d'un successeur va être faite avec rigueur, car il faut trouver quelqu'un qui va être à la hauteur et ça ne court pas les rues», a-t-il convenu.

Sous la gouverne de M. Rousseau, l'actif net de la Caisse est passé de 77 milliards $ à 155 milliards $.

Les actifs de la Caisse de dépôt sont constitués, notamment, des rentes des Québécois et les pensions des employés du secteur public.

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