Le samedi 21 novembre 2009

Groupe Trifide: innover, s’adapter et développer des alliances

27 mai 2008 | 21h03
ARGENT 
Chantal Arguin, présidente et directrice générale, Groupe Trifide  © Canoë/Bernard Plante

ARGENT-Canoë
Bernard Plante

À 40 ans, Chantal Arguin pourrait se la couler douce. Créée il y a cinq ans, son entreprise spécialisée en géomatique, Groupe Trifide, comptait alors huit employés. Ils sont maintenant une trentaine et l’entreprise a des bureaux à Québec, Rimouski et, depuis deux mois, à Montréal.

En entrevue, la présidente et directrice générale de Groupe Trifide confesse qu’elle a été approchée à trois reprises. On voulait acheter son business. Elle explique: «La vie d’entrepreneure au début c’est très difficile. Mais aujourd’hui, je m’amuse. J’ai connu de bonnes et de moins bonnes expériences et au total, ça donne de bons résultats. Et en plus, j’ai une équipe formidable.»

Innover et s’adapter

Arpenteuse géomètre de formation, Chantal Arguin souligne que la géomatique est en constante mutation. Elle explique notamment qu’il suffit d’aller faire un tour sur le site Internet de Google Earth pour se rendre compte que les satellites ont pratiquement déjà couvert tout ce qu’il y avait à couvrir sur la planète. Le problème maintenant, dit-elle, ce n’est plus la collecte des données, mais leur analyse et leur interprétation.

Chantal Arguin donne un exemple. En 2006, Groupe Trifide a perdu des clients européens au profit de concurrents chinois parce qu’ils chargeaient moins cher. «Les données étaient là, à peu près tout le monde peut les avoir, mais c’est l’analyse qui était déficiente et les anciens clients sont vite rentrés au bercail», dit-elle fièrement.

Spécialisé en photogrammétrie, en cartographie et en géomatique marine, Groupe Trifide a déjà, en cinq ans seulement, de nombreux contrats à son actif pour la création et l’actualisation de bases de données, la cartographie, etc. Et les clients viennent de partout dans le monde: Hong Kong, Paris, Nice, Lyon, Anvers, Prague, New York, Chicago, Sacramento, Québec, Montréal, etc. Le travail de l’entreprise permet notamment aux municipalités de faire le point et de planifier les travaux pour leurs réseaux d’infrastructures.

Le dernier joujou

Chantal Arguin est particulièrement fière de sa dernière acquisition. Pour cartographier les grandes villes, l’utilisation du satellite a ses limites, notamment en raison de la présence d’édifices en hauteur qui voilent le sol urbain.

Groupe Trifide vient d’obtenir les droits exclusifs pour l’utilisation au Québec de la technologie GeoAutomation développée en Belgique. Une douzaine de caméras sont montées sur une camionnette. Elle circule à 30 km/h et les appareils photographient systématiquement, à plusieurs images seconde, tout au passage: édifices, bornes-fontaines, panneaux de signalisation, lampadaires, réseau électrique, arbres, etc. Les données sont dirigées vers un ordinateur et les municipalités peuvent les traiter pour les adapter à leurs besoins.

Une équipe sur le terrain peut couvrir environ 2 kilomètres par jour alors que la camionnette peut en faire 30 fois plus, soit 60 kilomètres pour la même période. Ça peut représenter des économies énormes.

Chantal Arguin nourrit l’espoir d’obtenir ces droits pour l’ensemble de l’Amérique. Elle explique qu’elle carbure à l’innovation et aux nouvelles alliances avec des partenaires qui œuvrent dans le même secteur d’activités, mais qui ont développé des niches spécifiques. «Mon succès passe par les alliances. On ne peut pas être les meilleurs en tout», laisse-t-elle tomber.

Mme Arguin note que de grandes entreprises qui faisaient tout, ou à peu près, en géomatique abandonnent certains de leurs services pour se spécialiser dans certaines niches. Chantal Arguin donne vraiment l’impression qu’elle sent venir le vent.

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