Les taxis veulent hausser les tarifs
Mathieu Bruckmüller
Face à la flambée des prix de l'essence à la pompe, les taxis demandent une hausse de leurs tarifs d'au moins 10 %. À l'instar des transports aériens ou ferroviaires, les chauffeurs voient leurs marges compressées.
Ainsi, ils ont adressé leurs doléances, le 1er mai dernier, à la Commission des transports du Québec (CTQ) pour qu'elle révise les prix. « Depuis la dernière refonte des tarifs en 2005, le prix de l'essence a grimpé d'au moins 20 sous, ce qui affecte aujourd'hui les revenus des chauffeurs d'environ 50 $ par semaine », détaille Mario Sabourin, porte-parole des Travailleurs autonomes du Québec (TAQ), section taxi. « Nous avons rencontré la Commission avant-hier pour expliquer nos revendications et l'entrevue a été positive », ajoute-t-il.
Révision des tarifs
La CTQ, pour sa part, évalue l'opportunité d'engager un processus de révision des tarifs. Si elle va dans cette direction, elle nommera un commissaire devant lequel se tiendra une audience publique avant qu'il ne rende sa décision. « Le prix de l'essence n'est pas la seule composante qui rentre en ligne de compte », explique Richard Angers, directeur des services à la clientèle à la CTQ. La décision administrative se base sur les différents coûts d'exploitation des chauffeurs et sur leurs adéquations avec les tarifs en vigueur. « Comme tout le monde, on constate une hausse des prix à la pompe, mais on ne sait pas si une audience va se tenir à court terme », poursuit le porte-parole. Lors de la dernière grande révision des tarifs, en novembre 2005, la CTQ avait appliqué une hausse de 12% par rapport à la précédente décision de novembre 2003. Le prix au départ pour une course moyenne de 5 km était passé de 2,75$ à 3,15$, et le tarif au km de 1,30 $ à 1,45$.
En attendant, l'industrie s'organise. Marc Kirouac, président de la compagnie Taxi de Sherbrooke, indique qu'au sein de son regroupement, qui compte 84 propriétaires, déjà trois ont opté pour l'achat d'une hybride. « Si le prix du pétrole reste élevé, les chauffeurs vont regarder de plus en plus à se procurer ce genre d'automobile », souligne-t-il. Dans ce contexte, Mario Sabourin indique avoir demandé au gouvernement de bonifier le crédit d'impôt pour l'acquisition d'une hybride car celle-ci coûte, en moyenne, de 4 000 $ à 6000 $ de plus qu'une voiture à essence. Jusqu'ici, Québec propose un crédit de 2000 $. Dans le même temps, Ottawa mettra fin d'ici le 31 décembre à son programme Éco-Auto qui propose des rabais de 1 000 à 2 000 $ pour certains modèles de voitures dites propres.
Selon M. Sabourin, il n'y aurait que deux taxis avec des voitures hybrides à Montréal et pas plus de 10 à l'échelle de la province. En revanche, il note que de nombreux chauffeurs optent, lors du renouvellement de leur véhicule, pour des modèles plus compacts.
Enfin, le porte-parole indique aussi avoir demandé au gouvernement la possibilité d'installer dans les taxis des chauffages d'appoint, durant l'hiver, pour éviter de laisser tourner le moteur.

