Beaudoin souhaite annoncer le démarrage de la Série C en juillet
Mise à jour: 8 mai 2008 | 07h40
Jean-Philippe Décarie
Le Journal de Montréal
BELFAST | S’il n’en tient qu’à lui, Pierre Beaudoin, PDG de Bombardier Aéronautique, annoncera en juillet le lancement de la nouvelle famille d’appareils commerciaux CSeries et, du même coup, son lieu d’assemblage final.
En entrevue au Journal de Montréal, Pierre Beaudoin confirme qu’il a visité la semaine dernière la ville de Kansas City, qui courtise activement Bombardier pour qu’elle y implante les opérations d’assemblage final de son projet de nouvelle génération d’appareils.
«Oui, j’y étais, oui, j’ai visité l’usine de fabrication des motos Harley-Davidson. L’État du Missouri est tenu de rendre publics les efforts de sollicitation qu’il fait.
«L’État a aussi rendu publique l’aide financière qu’il est prêt à nous accorder. Et c’est essentiellement ce qui était déjà connu. Pour des questions politiques, la durée potentielle de l’aide a été réduite dans le temps, mais financièrement, c’est le même «package» qu’il nous offre», a fait remarquer Pierre Beaudoin.
Choix stratégique
Cela dit, Pierre Beaudoin explique qu’il n’a pas d’autre choix que d’explorer toutes les avenues possibles qui permettront de réduire les coûts de fabrication de la nouvelle famille d’appareils que Bombardier tient à lancer.
Mais la région de Montréal reste le choix logique, selon lui.
«Il ne faut pas créer de fausses expectatives, mais j’aimerais annoncer au Salon de l’aéronautique de Farnborough, en juillet, le démarrage de la CSeries.
«Si on annonce le lancement du projet, on devra normalement annoncer le lieu où il se fera», ajoute-t-il.
En présentation devant la presse européenne hier, Garry Scott, président de Bombardier Avions commerciaux, a rappelé que la ville qui allait accueillir l’usine d’assemblage des avions CSeries devrait avoir la main-d’oeuvre qualifiée, l’infrastructure d’enseignement et la qualité de vie pour attirer Bombardier.
«Oui, c’est vrai qu’on a tout cela à Montréal. Mais on attend encore des réponses du gouvernement fédéral pour son implication.
«L’avantage d’aller aux États-Unis, c’est qu’on aurait une protection naturelle contre la hausse du dollar canadien. On a offert au fédéral de rembourser son aide en devises américaines, mais il n’est pas chaud à l’idée», a résumé Pierre Beaudoin.
Négociations
Pierre Beaudoin a toutefois confirmé que des négociations étaient en cours depuis trois semaines avec le syndicat des machinistes de Bombardier pour alléger davantage la structure opérationnelle de l’organisation.
«On ne cherche pas des concessions importantes mais seulement des ajustements dans les descriptions de tâches», a précisé le PDG.
Dave Chartrand, président du syndicat des machinistes de Bombardier, confirme que c’est de la propre initiative de son regroupement que les pourparlers ont été devancés en vue de la signature d’une nouvelle convention avant l’échéance prévue du mois de novembre.
«On veut que lorsqu’elle annoncera le lancement de la CSeries, Bombardier confirme du même coup son lieu de fabrication: Mirabel», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique au Journal.



