Les créanciers pourraient ne récupérer que 20 cents pour chaque dollar

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Le samedi 21 novembre 2009

EXCLUSIF: TQS sabre aujourd'hui jusqu'à 40% de son effectif

23 avril 2008 | 04h00
Mise à jour: 23 avril 2008 | 09h54
Journal de Montréal 
 
Les créanciers pourraient ne récupérer que 20 cents pour chaque dollar

Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Le Mouton noir de la télé, TQS, s’apprête à sacrifier jusqu’à 40 % de ses effectifs permanents, qui vont passer de 479 à moins de 300 d’ici à l’été, a appris hier Le Journal de Montréal.

La mauvaise nouvelle sera communiquée aux employés de tout le réseau, aujourd’hui même. La journée de travail s’annonce pénible.

Selon nos informations, c’est par une lettre que les employés (cadres, syndiqués, non syndiqués) apprendront que leurs services ne sont plus requis, dans le cadre du grand ménage qui s’amorce.

Les licenciements seront définitifs, et l’ampleur des coupes risque d’ébranler les syndicats qui représentent les travailleurs de TQS, à Montréal, Québec, Sherbrooke, Saguenay et Trois-Rivières.

Encore hier après-midi, le président du syndicat des employés de TQS-Québec, Éric Lévesque, s’attendait à ce que les réductions d’effectifs «ne dépassent pas les 25 %».

Or, pour réduire ses coûts d’exploitation, la nouvelle direction (intérimaire) de TQS – et ses nouveaux propriétaires (Remstar) – a décidé, a-t-on appris, de pousser plus loin son plan de redressement.

TQS plaide qu’elle a perdu 18 M$ en 2007 et que le déficit accumulé a dépassé les 70 M$ au cours des huit dernières années.

Il est en outre prévu que la direction de la station de télévision fera part de ses «intentions futures» aux employés, lors d’une rencontre générale, puis lors de rencontres de groupes.

Masse salariale

La station de télé, qui s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en décembre 2007, en vertu de la loi C-36, veut réduire sa masse salariale, qui pèse pour 54 % de ses coûts d’exploitation, contre une moyenne de 35 % dans les autres réseaux de télé conventionnelle.

Le patron de Remstar et acquéreur de TQS, Maxime Rémillard, a déjà clairement indiqué qu’il devait réduire ses coûts pour rentabiliser le mouton déficitaire.

Les nouveaux propriétaires – qui doivent avoir l’aval de leurs créanciers et du CRTC avant de prendre possession de l’antenne – demanderont la «collaboration syndicale» pour arriver à leurs fins.

Des réunions sur cette question auront lieu demain avec les syndicats représentant les travailleurs. À l’ordre du jour: le réaménagement des conventions collectives pour réduire les coûts de gestion et d’exploitation.

Le temps supplémentaire et une plus grande «polyvalence» des employés font partie des demandes patronales.

Les têtes roulent

La rencontre prévue aujourd’hui avec les employés de la station, rue Saint-Jacques, dans les locaux de TQS, ne sera que la suite d’événements prévisibles.

Hier, Télévision Quatre Saisons a annoncé, par une note de service à l’interne, les départs de quatre cadres, soit trois à Québec et un à Montréal.

Renaud Francœur, directeur général de la station à Québec, a perdu son emploi, tandis qu’à Montréal, Réal Germain, vice-président à information, affaires publiques et sports, s’est fait montrer la porte.

Une directrice de production et un directeur des ventes ont également été remerciés de leurs services.

«Les têtes ont commencé à rouler», a admis le président du syndicat (à Québec), Éric Lévesque.

√ TQS a annulé sa présentation devant le CRTC à Gatineau, aujourd’hui. La station de télé réclame des redevances d’abonnement du câble.

√ TQS a un nouveau patron par intérim (Serge Bellerose) depuis le départ du président et chef de la direction, René Guimond.

√ Si les créanciers acceptent le projet de règlement aux créanciers, Remstar Corporation pourra prendre rendez-vous avec le CRTC, après le 6 juin, pour obtenir l’autorisation de «faire de la télé» rentable.

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