Le samedi 21 novembre 2009

« C’est stressant…»

8 avril 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 © Corbis
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Richard Landry, 52 ans, a perdu son emploi l’été dernier et sa conjointe travaille à mi-temps dans une entreprise de textile «fragile».

«C’est stressant. Je tente de garder le moral», confesse-t-il.

Il se demande s’il retrouvera son emploi à l’usine de Saint-Théophile d’Industries Maibec, un fabricant de bardeaux de cèdre dans le secteur résidentiel.

«La compagnie exporte environ 90 % de ses produits aux États-Unis, mais avec le ralentissement dans la construction domiciliaire, les ventes sont moins bonnes, et nous, on perd nos jobs», déplore-t-il.

Industries Maibec, ajoute-t-il, a fermé trois «moulins de sciage» à Saint-Pamphile (dans Bellechasse) et envoyé au chômage près de 150 travailleurs.

«Les gars qui travaillent dans les usines ne savent plus quel avenir on leur réserve. Même ceux qui ont beaucoup d’ancienneté sont angoissés», constate Richard Landry, président du syndicat (Métallos-FTQ) à l’usine de Saint-Théophile.

Il s’inquiète également pour sa conjointe, à l’emploi de Confections de Beauce, à Saint-Côme. «On ne sait jamais si le marché des jeans va tomber…», dit-il.

Les vélos aussi… (s.t.)

Richard Landry n’en est pas à sa première épreuve. Il y a trois ans, il a perdu son emploi chez Procycle, le fabricant de vélos de Saint-Georges.

«Cette fois, la compagnie a été victime du dumping au Canada des vélos de bas de gamme», analyse-t-il.

Il a travaillé pendant 11 ans chez Procycle. «On a déjà été plus de 400 à l’usine. Là, ils ne sont plus que 65, et encore là, la majorité ne travaille pas toute l’année», dit-il.

À l’usine Maibec, il alimentait les scieurs de bûches pour un salaire horaire de 15,68 $. Un travail exigeant, physiquement, mais qu’il disait aimer.

Il s’est blessé à l’épaule deux mois avant les mises à pied à l’usine. «Je suis sur la CSST avec un revenu hebdomadaire de 260 $. Non seulement je suis sans travail, mais je dois aussi guérir mon épaule. Ça pourrait aller mieux…», soupire-t-il.

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