Le samedi 21 novembre 2009

« Ça affecte le moral… »

8 avril 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 © Corbis
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

SAINT-CÔME | Marc L’Espérance, 32 ans, croyait avoir trouvé la stabilité en Beauce. C’est plutôt le chômage qu’il a rencontré sur son chemin…

«On m’a mis à pied le 28 février, mais ça faisait un an et demi que la menace planait au-dessus de ma tête», dit le chômeur originaire du Saguenay.

Il était assembleur (dans les semi-remorques) chez Manac, à Saint-Georges, avec un salaire horaire de 20,50 $.

Le marché des semi-remorques connaît une baisse de régime, et le fabricant Manac n’y échappe pas.

Marc L’Espérance n’a pas été le seul à se retrouver sans emploi. Il ne cache pas que «cela affecte le moral».

«J’ai acheté ma maison il y a cinq ans. J’ai une femme et deux jeunes enfants. Je ne peux me contenter du chômage», dit-il.

Il semble avoir perdu espoir d’être rappelé au travail par le fabricant Manac. Il a prévu le coup en postulant pour un emploi à la MIL-Davie, à Lévis.

«La vie continue. Il faut bien que je continue de travailler pour gagner un salaire raisonnable», dit-il, philosophe.

Il avait pourtant quitté le Saguenay «parce que, se souvient-il, la Beauce était en expansion et offrait beaucoup d’emplois».

Pas terminé (s.t.)

Au bureau du syndicat des Métallos (FTQ), le vice-président, Mario Rodrigue, ne cache pas que l’activité a déjà été plus soutenue à l’usine de semi-remorques de Manac.

«On craint l’abandon d’un quart de travail (dans un mois), ce qui toucherait 125 travailleurs (soudeurs, mécanos, peintres).

«On se pose des questions, d’autant plus qu’il y a tout juste 4 ans, on était 675 travailleurs à l’usine. Nous ne sommes plus que 350», fait observer le leader syndical.

Il dit avoir été mis au courant — par la direction de l’usine — que l’année 2008 serait «très mauvaise».

«Le dollar canadien fort nous fait mal», dit Mario Rodrigue, 51 ans.

Il n’aime pas broyer du noir en dépit du contexte économique difficile. «Mais il faut admettre que c’est dur pour le moral des gars», laisse tomber le vice-président du syndicat.

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