Chantal Lacroix réclame 1,4 M$ à Cogeco
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
De plus en plus convaincue qu’elle ne récupérerait que des miettes de la réorganisation de TQS, Chantal Lacroix intente une action de plus de 1,4 million de dollars contre Cogeco, ex-propriétaire de la station de télé.
Dans sa requête déposée lundi au palais de justice de Montréal, Mme Lacroix et sa société, les Productions Kenya, soutiennent que Cogeco est garante des sommes qu’elles estiment dues par TQS.
La poursuite précise que Cogeco est partie à une entente signée le 21 avril 2005 avec TQS «en vue de la production et de l’animation d’émissions télévisuelles.».
«La défenderesse (Cogeco) est intervenue à cette entente pour garantir le paiement des obligations monétaires de TQS Inc.», ajoute la requête pilotée par le cabinet d’avocats Bélanger Sauvé.
Le 10 janvier dernier, moins d’un mois après s’être placée à l’abri de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, TQS a avisé formellement Mme Lacroix que la diffusion de 60 Minutes de bonheur était repoussée et «qu’il serait hasardeux de poursuivre la production de cette émission», indique la poursuite.
Cinq jours plus tard, Mme Lacroix a mis en demeure TQS de respecter ses engagements contractuels ou de convenir d’un dédommagement.
TQS a alors résilié unilatéralement ses contrats avec Mme Lacroix le 18 janvier.
«Une obligation solidaire» (s.t.)
C’est à ce moment que Chantal Lacroix s’est tournée vers Cogeco pour lui réclamer 846 078 $ «pour les frais de licences et les coûts de production engagés» et 612 000 $ «pour le solde du revenu minimal garanti» prévu au contrat d’avril 2005.
Selon la requête, les avocats de Cogeco ont répondu à la fin de janvier qu’il valait mieux attendre le dénouement de la réorganisation de TQS afin de savoir l’influence qu’elle aurait «sur la potentielle créance» de Mme Lacroix et de Kenya.
Mais parce qu’elle a «une obligation solidaire de garantie», Cogeco ne peut se réfugier derrière la restructuration de TQS «de sorte que les demanderesses sont en droit d’être payées sur-le-champ», soutiennent les représentants de Mme Lacroix.
«De plus, il est maintenant évident que la réorganisation du groupe TQS ne permettra pas un paiement intégral des dettes», ajoutent-ils.
La Cour supérieure, qui supervise le plan d’arrangement avec les créanciers de TQS, a approuvé une offre d’achat du Groupe Remstar, le 10 mars dernier.
La station de télé doit plus de 66,1 M$ à ses créanciers, et le nouvel acquéreur devra s’entendre avec eux.
Remstar devait présenter son projet de règlement lundi, mais la société demandera un nouveau délai au tribunal vendredi

