Le samedi 7 novembre 2009

« On triche dans les supermarchés ! »

18 mars 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 © Corbis
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Les grandes chaînes d’alimentation « trichent » et ne respectent pas toutes la règle de quatre employés et moins durant les congés fériés comme Pâques, déplore le président de l’Association des détaillants en alimentation (ADA).

« On a un problème, et il va falloir que le gouvernement (Charest) trouve une façon de le régler », précise Florent Gravel en entrevue au Journal de Montréal.

Selon lui, « un nombre important » de supermarchés (Loblaws-Provigo, Metro, IGA-Sobeys) font travailler « jusqu’à 20 employés par magasin », même si la loi limite leur nombre à quatre.

« Si plusieurs trichent, ajoute-t-il, c’est parce qu’il est impossible de servir la clientèle avec seulement quatre employés.

« Les magasins s’exposent à des amendes (3 000 $ pour la première infraction ; 6 000 $ pour la deuxième), mais il y a tellement peu d’inspecteurs pour faire respecter la loi que tout le monde fait comme il l’entend. »

Pour tout dire, il n’y aurait, selon l’Association, que 4 inspecteurs (du gouvernement) pour faire respecter la loi à travers le Québec dans les 1 000 points de vente des grandes surfaces.

« C’est nettement insuffisant, et il faudrait embaucher au moins dix fois plus d’inspecteurs. Ce serait un minimum », calcule Florent Gravel.

Il ne met toutefois pas tout le blâme sur les détaillants des grandes chaînes. « La concurrence est très forte, et plusieurs ouvrent leurs portes (les jours fériés) parce qu’ils n’ont pas le choix », observe-t-il.

Il estime que « plus de 50 % des détaillants » souhaitent fermer leurs portes les jours fériés, mais qu’ils ouvrent tout de même leurs portes pour ne pas perdre du volume d’affaires.

Contre Couche-Tard

Le dossier sur les heures d’ouverture, qui avait fait rage à Québec en décembre 2006, semble se raviver de nouveau.

Le discours de l’ADA est cette fois plus musclé. « Nous n’avons rien réglé parce que Couche-Tard (dépanneurs) a brisé le deal en se pétant les bretelles et en prétendant avoir le monopole dans son secteur.

« Couche-Tard a agi de façon désagréable, déplorable, et avec intransigeance, vous pouvez l’écrire ! », soutient Florent Gravel, hors de lui.

La chaîne de dépanneurs s’était alors opposée à plusieurs demandes des grandes chaînes (sur les heures d’ouverture) pour protéger son marché.

On se rappellera que le ministre du Développement économique (Raymond Bachand) avait trouvé un compromis, qui n’avait pas fait l’unanimité.

Les grandes chaînes, de l’avis de l’ADA, étaient prêtes à concéder « de trois à cinq » congés fériés à leurs employés.

« Nous allons relancer le ministre sur cette question », précise-t-il.

Il déplore toutefois que le ministre ait « créé de la zizanie en ne prenant pas le temps d’écouter nos demandes ».

√ Au Québec, les grandes chaînes sont représentées par environ 65 % de marchands-propriétaires (affiliés) contre seulement 30 % en Ontario.

√ Sur 9 000 points de vente dans l’alimentation, au Québec, on retrouve environ 6 000 dépanneurs et 1 000 supermarchés.

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