Le samedi 7 novembre 2009

Claudette Carbonneau déplore que le gouvernement puisse dépenser si peu

13 mars 2008 | 17h04
ARGENT 
Monique Jérôme-Forget et Jean Charest  © Clement Allard (PC)

Par Jean-Benoit Legault
LA PRESSE CANADIENNE

Si elle admet que le plus récent budget Jérôme-Forget contient de bonnes mesures - notamment celles qui favorisent la francisation, l'éducation supérieure, la retraite progressive et le soutien aux régions en difficultés - la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, déplore que le gouvernement ait si peu d'argent à y consacrer.

«La plus mauvaise nouvelle, c'est que le gouvernement a dilapidé toutes ses marges de manoeuvre et il s'est condamné à ne distribuer que des miettes», a-t-elle lancé en entrevue.

Mme Carbonneau explique que le gouvernement québécois s'est privé de revenus de 2 milliards $ seulement au cours de la dernière année, en ne récupérant pas le point de pourcentage de TPS libéré par Ottawa.

«Il y a des orientations qui sont un pas dans la bonne direction, mais les montants qu'on peut y consacrer sont tellement minces que ça ne changera pas le quotidien des Québécois et des Québécoises», a-t-elle ajouté.

La plus grande centrale syndicale, la FTQ, est allée dans le même sens. «Le gouvernement vise les bonnes cibles, malgré le peu de moyens disponibles», a commenté le président de la FTQ Michel Arsenault, par voie de communiqué.

La centrale syndicale, qui compte des dizaines de milliers de membres dans les secteurs manufacturier et de la forêt, se dit cependant déçue de ne pas voir davantage d'aide pour les travailleurs de ces secteurs.

Pour sa part, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) accueille de manière plutôt positive le budget, même s'il émet certaines réserves. Le CPQ aurait par exemple souhaité «une plus forte dose de stimulants fiscaux».

Le CPQ salue ainsi l'abolition de la taxe sur le capital pour le secteur manufacturier, mais il estime que le gouvernement aurait dû étendre cette mesure à l'ensemble des secteurs économiques. Cette mesure est aussi applaudie par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), qui estime que cela représente la concrétisation d'une «demande historique»; par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui la suggérait «de longue date»; et par les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).

«C'est un budget qui mérite un honnête 7 sur 10 (...) et quand on fait l'ensemble, il ne devrait pas mériter au gouvernement d'être renversé», a expliqué en entrevue le président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon.

Ces organismes voient aussi d'un bon oeil l'accélération de l'amortissement pour le matériel de fabrication et de transformation du secteur manufacturier, même si le CPQ aurait souhaité que le taux d'amortissement actuel de 50 pour cent soit maintenu pendant toute la période de prolongation.

La FCEI et la FCCQ accueillent quant à elles favorablement les mesures qui devraient rendre l'accès à Internet haute vitesse disponible dans toutes les régions de la province.

De son côté, le Front d'action populaire en réaménagement urbain, le FRAPRU, s'est déclaré «outré» de constater que le budget ne prévoit aucune somme pour augmenter le revenu des personnes assistées sociales. Il doute également de l'efficacité des mesures d'incitation au travail présentées, se demandant si «le marché actuel du travail sera réellement prêt à embaucher des personnes (assistées sociales) qui en sont exclues depuis des années».

La FCEI croit toutefois que cette mesure pourrait aider à combler «la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée (en réorientant) vers le marché du travail les chômeurs, les personnes sur l'aide sociale et les nouveaux arrivants», tandis que les MEQ estiment que la mesure «permettra aux travailleurs de parfaire leurs compétences».

Pour sa part, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) souligne que plusieurs personnes assistées sociales vivent dans des conditions de pauvreté qui nuisent à leur santé, ce qui complique ensuite leur réinsertion sur le marché du travail. A ce titre, la FFQ déplore que les prestations d'assistance sociale ne soient toujours pas indexées au coût de la vie.

Le FRAPRU estime aussi que l'ajout de 2000 logements sociaux annoncé par le budget est «loin de répondre aux besoins des locataires du Québec».

D'autre part, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) se sont dites «encouragées» de voir que 227 millions $ en argent neuf seront réinvestis cette année dans le réseau d'éducation postsecondaire, même si seulement 40 millions $ de cette somme sera fournie par Québec (le reste provenant de transferts fédéraux).

Ils rappellent aussi que les universités québécoises souffrent à elles seules d'un sous-financement que la FEUQ évalue à 400 millions $ par rapport aux autres universités canadiennes.

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