L'industrie du camion devra trouver des chauffeurs à l'étranger
Le Journal de Montréal
L’industrie du camionnage, qui doit combler 25 000 postes sur cinq ans avec le départ à la retraite de ses « vieux routiers », veut offrir des emplois à des camionneurs de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, mais aussi du Maroc et de la Tunisie.
« En moyenne, il faudra trouver 5 000 camionneurs annuellement pour remplacer les camionneurs qui prennent leur retraite. »
« Il est envisageable de combler la moitié de ces postes par des candidats d’ici, et l’autre moitié par des camionneurs immigrants », a confié hier au Journal de Montréal le directeur du Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie du transport routier (Camo-route), Claude Chouinard.
Il croit que l’immigration, sur nos routes, est « une solution à privilégier », puisqu’il sera impossible de trouver tous les candidats requis, au Québec, pour pourvoir tous les postes.
Mission à l’été
Une mission de recrutement est en préparation. Des entreprises de camionnage doivent même se rendre en Europe, à l’été 2008, afin d’offrir des emplois aux camionneurs de là-bas. « Au Québec, nous pouvons leur offrir de nombreux avantages, et un travail intéressant », explique Claude Chouinard.
Il ajoute que la loi sur l’immigration s’est assouplie et qu’elle permet à un camionneur étranger d’obtenir un permis de travail temporaire (deux ans) « très rapidement ». « Ces modifications facilitent le recrutement », ajoute le directeur général.
Mais pourquoi l’Europe ? « Il y a beaucoup de bons camionneurs là-bas qui n’ont plus d’emploi, victimes de la déréglementation dans le transport international », explique M. Chouinard.
Formation de camionneurs
Cette question pointue touchant le recrutement de camionneurs fait ressortir la faiblesse criante des écoles d’enseignement, qui ne parviennent pas à rendre ce métier attrayant chez les jeunes.
« On forme 2 000 camionneurs par année. C’est insuffisant. Il faut améliorer l’image de cette industrie », précise Claude Chouinard. Le débat est lancé, comme en fait foi l’ouvrage 50 carrières des transports que vient de publier Jobboom en partenariat avec Transports Québec, entre autres, et qui trace le bilan de l’emploi dans cette industrie en mutation.
Les essieux risquent toutefois de grincher avant que la relève soit prête à s’agripper au volant des lourds camions. Les camionneurs québécois près de la retraite seraient des « bourreaux de travail » qu’il sera difficile de remplacer.
« Les jeunes conducteurs refusent souvent de travailler autant que leurs collègues plus expérimentés », observe la directrice générale des contenus aux Éditions Jobboom, Patricia Richard.
√ On dénombre 180 000 conducteurs de véhicules lourds au Québec.
√ La moyenne d’âge des employés dans le domaine du camionnage est de 55 ans.

