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Le vendredi 3 juillet 2009

Quand les banques ne prêtent pas...

20 février 2008 | 22h27
ARGENT 
Linda Maziades, présidente du Réseau québécois du crédit communautaire et Maria Nowak Présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique.  © Photo Canoë/Reine-May Crescence

Reine-May Crescence

Les entrepreneurs considérés à risques par les banques, comme les travailleurs autonomes par exemple, peuvent se tourner vers le microcrédit pour avoir une chance de créer ou développer leur entreprise. Cette formule qui s’inspire de l’économie sociale se répand de plus en plus autant en France qu’au Québec.

La Française Maria Nowak, présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE), et Linda Maziade, présidente du Réseau québécois du crédit communautaire, animaient un atelier portant sur le microcrédit ce matin dans le cadre du colloque annuel de la Fondation de l’entrepreneurship. Ce colloque, qui se tient à Québec, est organisé en collaboration avec la Chambre de commerce de Paris.

Deux modèles

Le microcrédit se développe aussi bien en France qu’au Québec, même si les manières de faire sont différentes. «Notre modèle s’inspire de l’expérience internationale de la Grameen Bank créée par Muhammad Yunus qui a mis l’accent sur l’objectif social et la pérennité financière.

«Quant au modèle québécois, il part des expériences communautaires avec des produits diversifiés sans mettre l’accent sur la nécessité de couvrir les coûts. Ces deux approches se rejoindront à terme si l’on veut que le microcrédit s’étende au plus grand nombre», soutient Maria Nowak.

Cette dernière fut la première à implanter le microcrédit en France en créant l’ADIE en 1989, aujourd’hui le principal promoteur et acteur du microcrédit en France.

Au Québec, il existe deux approches: une approche collective du crédit communautaire supportée par les Cercles d’emprunt et une approche individuelle ou par projet supportée par les Fonds communautaires d’emprunt.

«Ce qui distingue la méthode québécoise des expériences de microcrédit ailleurs, c’est cette approche globale qui vise à combler autant les besoins économiques que sociaux des personnes», a indiqué Linda Maziades, du Réseau québécois du crédit communautaire.

Même si les méthodes diffèrent, les défis sont les mêmes au Québec comme en France. En effet, les microcrédits sont actuellement dans une phase de développement intensive, car la demande est de plus en forte face aux nouvelles contraintes démographiques, technologiques et les bouleversements du marché du travail.

La mondialisation des marchés financiers pousse aussi les institutions financières à consentir moins de prêts aux personnes à risques tels que les travailleurs autonomes.

L’exemple de Jude

C’est le cas de Ghebou Komi Makafui (on l’appelle Jude) arrivé au Québec en 2005, avec une maîtrise en droit en poche. Pour exercer dans son domaine, il aurait fallu qu’il refasse des études, chose qu’il ne voulait pas.

Il décide alors de devenir son propre patron en créant «Cuir Esthética», une entreprise spécialisée dans la réparation de cuir. Il se tourne vers les banques pour demander une aide financière. Elles lui ferment leurs portes puisqu’il ne présente aucune garantie.

Conseillé par son Centre local de développement, Ghebou Komi Makafui s’adresse alors au Fonds communautaire d’emprunt qui lui verse une aide de 7 500 $ pour démarrer son entreprise. Il rembourse aujourd’hui son prêt à raison de 127,10 $ par mois.

Sans cette aide, le jeune entrepreneur avoue qu’il n’aurait jamais pu se lancer en affaires: «Ça m’a permis de constituer mon fonds de roulement, d’acheter du matériel et de m’installer. Je ne disposais que de 2 500 $ comme apport personnel, ce qui était bien insuffisant pour démarrer mon affaire.»

Fondée en décembre 2006, l’entreprise commence à se faire connaître et Ghebou Komi Makafui nourrit de belles perspectives d’avenir.

Le colloque annuel de la Fondation de l’entrepreneurship accueille cette année quelque 600 participants en provenance de la France, du Québec et de plusieurs provinces du Canada.

Les participants se rencontrent pour parler des nouvelles tendances en entrepreneuriat et partager leurs expertises en participant à divers ateliers consacrés au mentorat d’affaires, aux pôles de compétitivité et les secteurs de croissance, à la transmission externe des PME, à l’import\export, etc.

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