Le dimanche 8 novembre 2009

Devinci veut devenir le leader canadien du vélo

11 février 2008 | 18h46
ARGENT 
 © Corbis

ARGENT-Canoë
Mathieu Bruckmüller

Devinci voit l’avenir en grand. Le fabricant de vélos, basé à Chicoutimi, ambitionne de monter sur la plus haute marche du podium parmi les manufacturiers canadiens de cycles, d'ici à trois ans.

Malgré une concurrence féroce au pays, alimentée par les grands joueurs américains que sont Trek et Cannondale, le patron de Devinci se targue d’une part de marché de 5 % au Canada. Et la récente acquisition par Dorel de Cannondale Bicycle Corporation n’entame en rien l’optimisme de Félix Gauthier, à la barre de l’entreprise depuis 1990.

« Nous étions au courant depuis un certain temps que Dorel allait mettre la main sur l’entreprise américaine spécialisée dans le vélo haut de gamme. Cela fait longtemps que nous cohabitons avec ces deux acteurs ».

Félix Gauthier note que Cannondale a modifié sa stratégie de fabrication depuis plusieurs années. Une grande part de sa production est désormais délocalisée en Asie comme ses homologues américains. Une stratégie qui va leur permettre de diminuer les coûts et d’élargir la gamme de vélos offerts.

À rebours de cette tendance, Devinci fabrique ses vélos en grande partie au Québec. Elle offre des vélos de route, hybride ou de montagne. « C’est notre spécialité d’être proche du produit », dit Félix Gauthier. Et ce dernier ne semble pas vouloir céder aux sirènes des fusions et acquisitions. « On n’a jamais pensé s’associer avec Dorel, par exemple. Ce n’est pas dans nos plans de se faire acheter ou d’aller magasiner », explique-t-il.

Une stratégie en solitaire qui n’empêche nullement Devinci d’accroître ses ventes depuis son lancement en 1987. Forte de 20 000 vélos écoulés par an, l’entreprise table sur une croissance des ventes de 15 % pour 2008 après une année difficile marquée notamment par des problèmes d’approvisionnement. Les choses sont rentrées dans l’ordre, assure M. Gauthier et il compte bien doubler, d’ici 5 ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise. Celui-ci s’élève aujourd’hui à 12 M$.

Devinci vend 95 % de sa production au Canada et le reste en Grande-Bretagne et en Espagne. Le Québec représente le plus gros du gâteau, avec 40 % des ventes.

« Le Québec, c’est le paradis du vélo. On est gâté par les pistes cyclables », relève monsieur Gauthier. Après l’avènement du vélo de montagne dans les années 90, c’est désormais au tour du vélo de route de tirer les ventes vers le haut.

Malgré le ralentissement économique aux États-Unis et les craintes sur sa contagion au Canada, Devinci pense que l’industrie du vélo sera épargnée. « Personne n’est à l’aise avec l’idée d’une récession, mais le vélo est l’un des sports les moins dispendieux sur le marché actuellement », estime Félix Gauthier.

Pas de craintes en perspective donc pour les 70 employés de la compagnie, dont 50 permanents. Au contraire même, avec ses objectifs ambitieux de croissance des ventes, Devinci se prépare à l’avenir pour de nouvelles embauches, assure le patron.

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