Dorel veut devenir numéro un mondial du vélo haut de gamme
Le Journal de Montréal
Industries Dorel s’est faufilée hier parmi les trois plus grands fabricants de vélos en Amérique du Nord en faisant l’acquisition du géant américain Cannondale Bicycle Group.
« Nous voulons devenir le plus gros joueur de l’industrie (du vélo haut de gamme) du monde », a prédit en entrevue au Journal de Montréal le président de Dorel, Martin Schwartz.
La transaction a de quoi étonner quand on sait que le vélo est une industrie de plus en plus dominée par le marché asiatique, avec ses vélos de masse.
Mais pour Dorel, l’acquisition de Cannondale, réputée pour ses vélos montés à la main, représente une occasion de rouler dans de nouveaux sentiers, selon son PDG.
La transaction s’élève à près de 200 M$, soit l’équivalent des ventes de Cannondale, une entreprise basée au Connecticut. La bannière Cannondale a remporté des victoires à plusieurs étapes du Tour de France, principalement.
Dorel met également la main sur le fabricant de vêtements de sport de compétition Sugoi Performance Apparel, de Vancouver. L’achat de Cannondale est une première étape pour Dorel qui souhaite devancer ses deux rivaux, soit Trek et Specialized. Un quatrième joueur, Giant, ferme la marche.
Il s’agit pour Dorel d’une deuxième incursion majeure dans ce marché. En 2004, l’entreprise montréalaise avait acquis Pacific Cycle. « Cannondale deviendra le joyau de notre couronne », a imagé le président de Dorel, qui veut davantage sillonner les routes de l’Europe avec cette bannière de renom.
Le segment vélos, chez Dorel, générera 25 % des ventes totales de l’entreprise, qui atteignent 1,8 milliard de dollars. « Il y a de nombreuses occasions, et nous voulons faire d’autres acquisitions pour étendre notre réseau », a précisé Martin Schwartz.
Il ne voit pas de menace asiatique dans le créneau des vélos de qualité, compte tenu que les fabricants installés en Chine et à Taïwan visent davantage les bicyclettes à meilleur marché.
Une surprise
La vente de Cannondale - qui appartenait au fonds américain de capitaux privés Pegasus Capital Advisors - a « surpris » le président de Procycle, Raymond Dutil. « Nous savions que l’entreprise avait connu des difficultés financières et que ses propriétaires cherchaient un acheteur », a-t-il toutefois reconnu.
Procycle fabrique les vélos Rocky Mountain, qui rivalisent sur le même terrain. L’entreprise beauceronne, qui est également installée à Vancouver, fait partie des dix plus grands fabricants du monde.
« Dorel aura beaucoup de travail à abattre si elle veut devenir no 1 mondial. La compétition est féroce. Le nombre de gros joueurs a diminué, mais ceux qui sont restés sont de plus en plus présents sur tous les marchés internationaux », a-t-il commenté.
De son côté, Louis Garneau, qui fabrique des vélos haut de gamme, en plus d’être premier au monde dans les vêtements et les accessoires, n’entend pas rajuster son tir pour faire face à Dorel.
« Nous sommes déjà présents dans près de 35 pays et nous connaissons un boom sur les marchés internationaux. Le vêtement de compétition est un monde à part, et il n’est pas facile de s’y imposer. Nous sommes dans une position privilégiée », a réagi le président de Louis Garneau Sport.
√ Au Canada, il se vend annuellement environ 1,2 million de vélos dans les grandes chaînes et les boutiques indépendantes.

