Le vendredi 10 février 2012

Colère, résignation, frustration, soulagement

29 janvier 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

En dépit de la sentence «historique» rendue hier contre Vincent Lacroix, les investisseurs qui ont

perdu leurs épargnes dans le scandale Norbourg continuent de panser leurs plaies et arrivent difficilement à espérer des lendemains meilleurs.

Dans la salle du palais de justice, hier après-midi, plusieurs avaient peine à contenir leurs émotions.

La sentence de 12 ans moins un jour - et l’amende de 255 000 $ - a bien sûr été accueillie avec soulagement.

Mais ces petits épargnants sont encore sous le choc, plus de deux ans et demi après l’éclatement du scandale. Une bonne partie des 130 M$ demeure introuvable.

«Ce monsieur-là a fraudé des enfants et des gens âgés. En dedans, il va avoir le temps de récupérer et de panser ses blessures. Mais nous aussi, on en a des blessures profondes», a dit Jean-Guy Houle.

Il estime ses pertes à 195 000 $. Il s’attendait à ce qu’on inflige une amende de 6 M$ à Vincent Lacroix.

«Une amende de 255 000 $, c’est une risée. Il y a de l’argent qui l’attend, quelque part, quand il aura fini de purger sa peine.

«S’il purge deux ans, ça ne sera pas long avant qu’il aille se divertir dans le Sud», a dit cet investisseur.

Les vrais coupables

Un autre investisseur, qui venait d’entendre le prononcé de la sentence, n’arrivait pas à desserrer les dents.

«J’ai perdu une partie de mon argent dans Norbourg. L’amende imposée à Lacroix, ce n’est rien du tout. Il va prendre l’argent qu’on lui a laissé pour payer l’amende», a dit Yvon Lessard.

Afin que justice soit «véritablement rendue», il souhaite que la GRC passe à l’action pour faire payer sa dette à l’«instigateur du scandale Norbourg».

Chantale Couture, de son côté, s’est dite insatisfaite du jugement. Elle estime avoir perdu plus de 70 000 $.

«Nous autres, on est beaucoup plus en prison que lui (Vincent Lacroix). Lui, il va être logé, nourri, il sera bien traité au Québec en prison», a-t-elle déploré.

Elle fait valoir, à l’inverse, qu’elle devra travailler «plus de 60 heures par semaine».

«J’ai un triplex que je devrais vendre parce que j’ai perdu mon argent dans des fonds qui étaient censés sécuritaires. Je ne sais plus que faire», a-t-elle dit.

Chantale Couture souhaite la tenue d’une enquête publique «pour faire la lumière sur ce scandale».

«Il faut s’attaquer aux vraies affaires. Il y a des gens qui ont mal agi et qu’il faudrait identifier», a-t-elle dit.

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