«La justice cesse d'être aveugle et tolérante» -Yves Michaud
Le Journal de Montréal
«Enfin! Enfin! La justice cesse d’être aveugle et tolérante envers les bandits en cravate.»
Le coloré Yves Michaud a qualifié hier d’«historique» le jugement rendu dans le procès Vincent Lacroix.
«Il s’agit d’un jugement qui fait histoire et qui pave la voie à des sentences exemplaires en matière de fraudes dans le secteur financier», a confié au Journal de Montréal, en fin d’après-midi, le président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires.
Il estime en outre que la «plus forte sentence en matière de fraude financière au pays» fera jurisprudence.
Mais là s’arrête l’envolée oratoire du défenseur des petits investisseurs.
Selon Yves Michaud, la peine imposée à Vincent Lacroix - qui pourrait être admissible à une libération conditionnelle dans deux ans - n’apaise pas la douleur des petits épargnants dans Norbourg.
«Ce sont encore les investisseurs qui écopent et qui risquent de ne plus jamais récupérer leur argent», déplore-t-il.
Il souhaite tout de même que la justice parviendra, «un jour, peut-être», à forcer Vincent Lacroix à «dire où il a caché une partie des 130 M$».
«Je voudrais qu’on demande à Lacroix ce qu’il a fait pour perdre tout cet argent. Moi, je crois qu’il en a caché dans les Caïmans ou encore aux Bahamas. L’argent ne s’est pas volatilisé, c’est impossible», soutient Yves Michaud.
Il garde enfin un «fragile espoir, pour les investisseurs», que le gouvernement du Québec, par l’intermédiaire de l’Autorité des marchés financiers, rembourse une partie des sommes perdues.
«Québec pourrait intervenir, mais c’est peu probable. On peut espérer», a conclu Yves Michaud.
Un jugement important
De son côté, le président de l’AMF, Jean St-Gelais, a souligné l’importance du jugement rendu.
«Il s’agit de la peine la plus sévère jamais accordée en matière pénale au Canada. Cette sentence vient définir les balises qui devront dorénavant être appliquées en matière de crime économique», a-t-il commenté.

