Quebecor World n'a pas donné signe de vie
LA PRESSE CANADIENNE
MONTREAL -- L'imprimeur commercial en difficulté Quebecor World (IQW) a omis de faire savoir, dimanche, s'il avait respecté les conditions liées à l'entente de financement de 400M$ conclue afin d'éviter la faillite.
L'entreprise avait jusqu'à dimanche matin, 9h00, pour respecter «certaines exigences» liées à l'entente conclue avec sa société mère Quebecor (QBR.B) et Tricap Partners, la semaine dernière.
L'échéance était originalement prévue pour 21h00, mercredi soir.
Les appels téléphoniques faits à Quebecor World sont demeurés sans réponse, dimanche, et l'entreprise n'a pas émis de communiqué de presse.
Quebecor et Tricap avaient demandé un prolongement de la date limite en faisant valoir qu'ils avaient réalisé des progrès dans ce que des observateurs croient être d'intenses négociations avec le syndicat bancaire de l'imprimeur.
Bien que l'échéance puisse être reportée de nouveau, un tel geste serait probablement mal perçu et donnerait l'impression que Quebecor éprouve des difficultés à convaincre les banques de ne pas exiger immédiatement le remboursement de prêts à la compagnie.
Si ce remboursement était exigé, l'imprimeur devrait demander d'être protégé contre ses créanciers, ce que certains analystes croient être l'ultime solution en raison de ses ennuis financiers croissants. L'action de Quebecor World a touché la semaine dernière le creux historique de 18 cents, les investisseurs, nerveux, se débarrassant de leurs titres par millions, jugeant qu'ils ne valaient plus rien.
L'action a repris du poil de la bête plus tard dans la semaine, mais sa faiblesse a déclenché à la Bourse de Toronto une procédure de révision afin de déterminer si le titre répondait toujours aux exigences d'inscription du parquet.
L'action de Quebecor World a amorcé son plus récent plongeon après que l'imprimeur eut annoncé, mardi soir, avoir raté une échéance avant laquelle il devait dénicher un nouveau financement de 125M$ US.
Si Quebecor World demande la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies -- une loi fédérale qui lui permettrait de poursuivre ses activités tout en tentant de régler ses problèmes financiers --, les actions de la compagnie n'auraient pratiquement plus de valeur.
Quebecor World a demandé une autre semaine pour obtenir le financement requis, que Quebecor et Tricap Partners, un fonds géré par la torontoise Brookfield Asset Management (BAM), lui ont proposé.
Seulement, cette bouée de sauvetage serait accordée en échange d'une participation commune de 75% dans le capital-actions de l'imprimeur. Par conséquent, la participation des autres actionnaires serait fortement diluée, réduite à moins de 10%, d'après les analystes.
Quebecor World compte quelque 27 500 employés dans 120 usines en Amérique du Nord, en Europe et en Amérique latine, dont 17 dans cinq provinces canadiennes. En 2006, son chiffre d'affaires atteignait 6G$, soit le même que quatre ans plus tôt, alors qu'elle comptait 40 000 employés et 160 usines.

