Grutier: un secondaire 4 et 100 000$ par an
Le Journal de Montréal
Les grutiers Ghyslain Isabel et Pierre-Luc Bélisle ont la chance de pratiquer le métier qui vient au premier rang du classement de Jobboom.
Isabel a obtenu devenu « compagnon » en 2000, à l’issue d’une formation de six mois dispensée au Centre de formation en conduite d’engins de chantier et de grues à Les Cèdres. Auparavant, il avait effectué ses 2000 heures de travail à titre d’apprenti.
« Je ne regrette pas mon choix. J’ai à peine mon secondaire 4 et je gagne près de 100 000 $ par an », dit l’homme de 35 ans, pour qui il s’agit d’une seconde carrière.
Son collègue Pierre-Luc Bélisle qui a 25 ans et dont c’est le premier emploi gagne exactement le même salaire.
Pour arriver à ce montant, les deux grutiers qui sont à l’emploi de Gestion Maurice Gendron ont travaillé près de 2300 heures l’an dernier, dont beaucoup en surtemps.
« Y en a beaucoup qui veulent faire ce métier parce qu’ils pensent aux gros salaires. Mais il faut faire des sacrifices pour en arriver là », prévient M. Bélisle.
Stressant
En effet, le métier de grutier est stressant : il faut beaucoup de minutie pour manœuvrer un engin de 400 tonnes soulevant des charges lourdes dans le vide à l’aide d’une grue longue de plusieurs dizaines de mètres.
Travailler sur appel est le lot quotidien des grutiers. Généralement, ce n’est qu’en début de soirée qu’ils savent où ils vont se déplacer le lendemain. En outre, ils peuvent effectuer plusieurs heures en un court laps de temps avant de se retrouver sans contrat pour un bon moment. C’est sans compter les chantiers loin de Montréal, où ils doivent parfois rester plusieurs jours, voire des semaines.
« C’est un métier dans lequel il n’y a pas beaucoup de marge de manœuvre. Il y en a beaucoup qui sortent de l’école et qui finissent par changer de travail. Il faut être patient quand on commence », observe M. Isabel.
« Les gens s’attendent qu’en sortant de l’école, tout leur est dû, mais ce n’est pas vrai », renchérit sa patronne Julie Gendron.
Selon la jeune femme, il faut compter quelques années avant de parvenir à gagner de gros salaires dans ce milieu, notamment en raison des listes d’anciennetés.
« Il faut d’abord choisir ce que l’on aime. Après, le salaire vient nous récompenser », conclut Pierre-Luc Bélisle.
mbisaillon@journalmtl.com


