Le samedi 21 novembre 2009

Aide sociale: faut-il payer plus les bénéficiaires, mais en exigeant une prestation?

15 janvier 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © Corbis
Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) fustige l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui propose aux prestataires de la sécurité du revenu de travailler 40 heures par mois.

Cette mesure énoncée par l’Institut économique fait partie des 11 idées pour faire bouger le Québec qui sont parues dans le cahier Votre Argent la fin de semaine dernière.

Elle ferait en sorte que les assistés sociaux aptes au travail pourraient - sur une base volontaire - travailler 40 heures par mois à de menus travaux des secteurs public et parapublic. Effectuant des tâches qui ne requièrent pas de qualifications pointues, ils seraient payés au salaire minimum.

Au-delà de ces 40 heures, on leur permettrait de bonifier leurs prestations par d’autres revenus, sans les pénaliser.

«Pour améliorer le statut des personnes assistées sociales dans la société, donnons-leur l’occasion de contribuer elles aussi, dans la mesure de leurs capacités, au bien-être de leurs concitoyens», dit le président de l’IEDM, Paul Daniel Muller.

Mesure inutile car elle existe sous une autre forme et qu’elle est difficilement réalisable, réplique la FCPASQ.

«Ça existe déjà. Il y a déjà près de 50 000 personnes qui participent à des programmes d’employabilité. S’il n’y en a pas davantage, c’est que le gouvernement n’a pas assez d’argent», explique Nicole Jetté, porte-parole de l’organisme.

Combien aptes au travail?

Selon la FCPASQ, le nombre d’assistés sociaux aptes au travail était de 142 106 en octobre.

«De ce nombre, seuls 8,5 % sont employables demain matin. Ce qu’il faut, c’est mettre l’accent sur la formation et les compétences. Je considère que le scénario envisagé par l’IEDM ferait en sorte d’organiser une forme d’esclavage», explique Mme Jetté.

D’après elle, la mesure en question ne pallierait pas au manque de formation des moins biens nantis. Pis encore, elle créerait des effets pervers.

«Ça diminuerait aussi les conditions de travail dans le secteur public en y amenant des employés au salaire minimum obligés de travailler. Ça ne réglerait aucun problème», conclut-elle.

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