Le vendredi 10 février 2012

Pouliot propose de fusionner Télé-Québec et TQS

10 janvier 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © ARGENT
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Fermer Télé-Québec et tout ramener à TQS. Voilà comment on pourrait envisager la survie du Mouton noir de la télé, au bord de la faillite, selon Adrien Pouliot, dont la famille a été propriétaire de Télévision Quatre Saisons pendant 10 ans.

«La survie de TQS pourrait passer par un regroupement avec Télé-Québec», a confié hier Adrien Pouliot en entrevue au Journal de Montréal.

Il reconnaît que cette idée, «qui mérite réflexion», risque d’en faire sursauter plus d’un dans l’industrie de la télévision.

Il préconise la vente de l’immeuble de la rue Fullum, qui abrite Télé-Québec, et le transfert des activités de production télévisuelles rue Saint-Jacques, dans les locaux de TQS.

«Je ne suis pas en train d’affirmer que cette idée va faire l’unanimité. Mais, en tout cas, si on veut conserver l’antenne de TQS, qui a tout de même 12 % d’auditoire, il va falloir favoriser des regroupements, voire même une fusion», dit-il.

Il croit néanmoins que les deux télés - qui sont toutes deux en situation financière extrêmement précaire - pourraient se tirer d’affaires avec un mix éducatif et commercial.

Adrien Pouliot reconnaît que cette idée avait été évoquée, au tournant des années 1990 quand sa famille, qui détenait alors TQS, jonglait avec des scénarios pour relancer le Mouton noir.

«On en avait parlé quand c’était difficile. On en avait discuté à l’interne, mais l’idée n’avait pas été développée», dit-il.

Ramener la brebis égarée

Mais, aujourd’hui, dans le contexte où les acheteurs ne semblent pas se presser à la porte pour ramener la brebis égarée, Adrien Pouliot, en observateur éclairé, croit que le moment est peut-être propice pour se poser la question.

Il dit douter fortement que des joueurs de l’industrie des communications se manifestent pour faire une offre pour TQS, même si le prix à payer était aussi peu élevé qu’un dollar.

On sait que la candidature de Rogers a été évoquée dans certains milieux, mais selon Adrien Pouliot, dont la famille a été propriétaire de la station de télé anglophone CFCF, «il y a bien peu de synergies à réaliser si on possède à la fois des télés francophones et anglophones».

«C’est certain que les gens de Télé-Québec vont grimper dans les rideaux quand on va leur proposer de se regrouper avec TQS. Il y a des gens là-bas qui ne vont pas apprécier si on leur propose de déménager de l’édifice de la rue Fullum, dans l’est de la ville, pour s’installer dans les locaux de TQS (rue Saint-Jacques)», dit-il avec une pointe d’humour.

Les chiffres semblent toutefois parler en faveur de la théorie de l’ex-dirigeant de TQS. Chaque année, selon ses calculs, le gouvernement du Québec verse environ 70 M$ en subventions pour maintenir Télé-Québec.

Économies annuelles

La «fusion» des deux télés ferait économiser la moitié de cette subvention, calcule-t-il.

«C’est simple, Québec pourrait verser environ 30 M$ à la nouvelle télé (TQS) et la mission de télé éducative de Télé-Québec serait préservée.

«TQS pourrait diffuser des émissions éducatives de 9 heures à 15 heures, et la programmation plus commerciale débuterait à 15 heures jusqu’après minuit. Tout le monde y trouverait son compte», dit-il.

Pas intéressé à acquérir TQS

Adrien Pouliot, 50 ans, jure qu’il n’est pas intéressé par l’aventure TQS, même s’il dit suivre avec «beaucoup d’intérêt» le déroulement des émissions.

«Je n’ai pas envie de m’investir dans un dossier comme celui-là, qui demande trop de travail», précise l’homme d’affaires montréalais, à la tête de Capital Draco, un holding qui possède quatre entreprises dans des secteurs diversifiés.

Il connaît toutefois le dossier TQS comme les cinq doigts de sa main. La famille Pouliot, rappelons-le, avait lancé la station de télé en 1985 au moment où, dit-il, «la télé francophone traditionnelle était empoussiérée».

« l n’y avait pas de véritable concurrence à cette époque. C’était avant l’arrivée du Réseau des sports», dit-il.

Un nombre grandissant de francophones écoutait la télé anglophone (de CFCF-12) - propriété de la famille Pouliot.

«Il y avait un débat sur cette question, se rappelle Adrien Pouliot. Il était alors question de ramener les brebis francophones qui s’étaient égarées dans les pâturages anglophones de CFCF-12, qui était la station la plus écoutée», se rappelle-t-il.

Il y a moins d’un mois, quand Cogeco et CTV Globemedia ont abandonné le Mouton noir, les pertes annuelles de TQS étaient de 5 M$.

Cela contraste avec les bilans «plutôt positifs» affichés sous le règne des Pouliot.

«On a fait un profit de 2,5 M$ en 1993 et on s’est tenus en équilibre jusqu’en 1997», soulève-t-il.

On sait que le syndic de la firme RSM Richter, Gilles Robillard, doit se présenter en cour, le 17 janvier, pour demander une prolongation de l’extension de la protection face aux créanciers.

Il a toutefois déclaré au Journal, il y a quelques jours, qu’aucune offre n’a encore été déposée sur son bureau.

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