L'année 2008 sera difficile pour les économies du Québec et de l'Ontario
LA PRESSE CANADIENNE
Les économies du Québec et de l'Ontario, avec leurs importants secteurs manufacturiers axés sur l'exportation, trouveront le contexte de 2008 plus difficile que celui des deux années précédentes, indique l'économiste en chef de la Banque Laurentienne.
Selon l'analyse de Carlos Leitao, la correction du secteur manufacturier s'intensifiera de façon marquée pendant la première moitié de 2008 avec de nouvelles pertes d'emplois et de nouveaux stress financiers.
«Les études empiriques indiquent que l'économie n'accuse la pleine incidence des variations des devises qui ne sont ressenties qu'après un an à un an et demi plus tard, indique son analyse. Ce qui implique que les exportateurs n'ont encore pleinement «digéré» la hausse du dollar canadien au niveau de 85 à 90 cents US, soit celui qui prévalait entre le milieu et la fin de 2006.»
Il s'attend à ce que le volume des exportations augmente de moins de deux pour cent.
Tandis que les manufacturiers portent le plus gros du fardeau, estime l'économiste, les exportateurs de matériaux, d'énergie et de biens agricoles devraient voir leurs activités augmenter modérément.
M. Leitao prévoit aussi que les économies de l'Ouest canadien, orientées vers les ressources, continueront de bénéficier d'une robuste demande mondiale de ressources naturelles.
Selon lui, l'économie canadienne est placée, en 2008, devant de nombreux défis présents en 2006 et 2007, mais ils sont aggravés par des prix de l'énergie beaucoup plus élevés, un dollar canadien plus fort, une demande intérieure américaine plus faible et une préoccupante volatilité des marchés financiers.
L'économiste affirme que le ralentissement de la demande américaine devrait affecter les perspectives de croissance au Canada jusqu'au milieu de l'année prochaine. Pour l'année 2008, la Banque Laurentienne prévoit un niveau moyen de croissance PIB légèrement inférieur à cette année, soit 2,2%.
Néanmoins, contrairement à 2007, la croissance économique devrait démarrer lentement et s'accélérer modérément au second semestre lorsque le ralentissement de la consommation aux Etats-Unis aura atteint son creux et que le stress des marchés financiers se dissipera.
La production réelle devrait augmenter de deux pour cent annualisé au premier semestre de 2008, avant de reprendre quelque peu au second semestre, à 2,4%, et en 2009, à 2,6%.
La Banque Laurentienne prévoit que le huard redescendra sous la parité avant le milieu de 2008 sous l'influence d'un recul des prix du brut, d'un refroidissement de l'inflation, de la baisse de l'excédent sur marchandises et de modestes réductions de taux par la Banque du Canada au début de 2008.
L'institution s'attend à ce que le huard se transige, à la fin de 2008, à 97,5 cents US.
Elle prévoit que la Banque du Canada maintiendra le taux de financement à un jour stable à 4,25% durant presque toute l'année, bien qu'elle pourrait être tentée de le réduire en début d'année.


