Le vendredi 10 février 2012

La télévision généraliste est malade

19 décembre 2007 | 08h25
ARGENT 
 Photo © Corbis

David Patry et Pascale Lévesque

Le Journal de Montréal

Les déboires de TQS n'ont pas fait taire son chef d'antenne-vedette, Jean-Luc Mongrain, qui était fidèle à son poste hier soir. Son diagnostic est clair et simple : la télévision généraliste est malade. Pour lui, le plus important est de sauver les centaines d'emplois que génère le diffuseur.

«Je suis plus soucieux et solidaire de mes collègues que je ne suis inquiet pour moi-même» , affirme le chef d'antenne, dont le contrat avec TQS se termine en mai.

Jean-Luc Mongrain, qui a uni sa destinée à celle du Mouton noir en 1999, ne s'en fait donc pas trop pour son avenir. Il s'en fait plutôt pour la télévision généraliste, un monde dans lequel il évolue depuis plus de 20 ans et qui traverse présentement une crise.

«La situation actuelle, ce n'est pas juste le lot de TQS, affirme Jean-Luc Mongrain. C'est le lot de la télévision généraliste au grand complet. Étant le plus petit des trois réseaux (derrière Radio-Canada et TVA), c'est nous qui subissons avant tout le monde.»

Avec l'arrivée des chaînes spécialisée, qui a fractionné les auditoires et divisé la tarte publicitaire, les généralistes peinent à conserver leur place.

Le CRTC leur a refusé une demande qui leur aurait apporté un peu d'oxygène, c'està- dire une redevance sur les abonnements au câble. Redevance dont bénéficient les canaux spécialisés. «Il y a une certaine injustice du côté des revenus. On monte au front, mais pas avec les mêmes moyens», indique Jean-Luc Mongrain.

Bon moral des troupes

Le moral des troupes se trouvait tout de même au beau fixe hier dans les locaux du diffuseur. «Tout va très bien, se contente de dire Jean-Luc Mongrain. On se retrousse les manches et on continue.»

Les 650 employés de TQS ont semblé prendre les choses avec philosophie. Si Cogeco a jeté l'éponge, tous espèrent que les mesures prises hier attireront un nouvel acheteur qui relancera l'entreprise.

«Il n'y a pas de vent de panique, affirme le président des employés de l'information de TQS-Montréal, Luc Bessette. Beaucoup de mes collègues voient ça avec optimisme.»

«De toute façon, il n'y a pas 20 scénarios. Ou on s'écrase et on s'apitoie sur notre sort, ou bien on regarde avec la direction les avenues possibles et on essaie de passer au travers», indique M. Bessette, qui souligne que les employés en ont vu d'autres.

Créativité et audace

En conférence de presse, le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet, a indiqué qu'une entreprise qui se porterait acquéreur de TQS pourrait tirer son épingle du jeu en proposant un produit complètement différent de l'offre actuelle.

Jean-Luc Mongrain estime que les moyens limités de TQS ne l'empêchent pas - et ne l'empêcheront pas - dans le futur de se démarquer.

«L'argent n'a jamais été synonyme d'originalité et d'audace. L'argent, c'est plus une zone de confort», rappelle-t-il.

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