D'importantes sommes partent avec les présentoirs
Le Journal de Montréal
Le propriétaire du Dépanneur Boni-Soir de la rue Jarry Est, Richard White, s’attend à ce que ses ventes de cigarettes diminuent avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.
« Mais le gouvernement s’en prend à la mauvaise cible. Il continue de tolérer la vente de cigarettes au noir (à 20 $ la cartouche) et il va bientôt nous empêcher d’afficher les paquets de cigarettes des grands fabricants », a-t-il confié hier au Journal de Montréal.
Il craint lui aussi de perdre des milliers de dollars avec l’élimination des présentoirs.
« Les allocations qu’on nous verse représentent jusqu’à 50 % de notre profit net annuel. C’est une somme importante », soulève-t-il.
Il ne croit pas, toutefois, que les clients vont changer radicalement leurs habitudes « parce qu’on va cacher les cigarettes ».
« Ça ne changera pas grand-chose. Ce n’est pas nous qui faisons fumer le monde », proteste-t-il.
Mais pour les propriétaires de dépanneurs qui, comme lui, réalisent 14 % de leur chiffre d’affaires avec la vente de cigarettes, cette réglementation n’a rien de réjouissant.
« Il faudra voir comment les cigarettiers vont réagir », souligne-t-il.
Il constate déjà que la concurrence est féroce entre grands fabricants, « qui poussent la vente de marques à bon marché », souvent à près de 3 $ de moins le paquet de 25 cigarettes.
« Nous vendons de plus en plus de cigarettes à moins de 7 $. Ça affecte nos marges de rentabilité. On se demande ce que ce sera en juin quand les clients vont acheter des cigarettes qu’ils ne verront pas. Vont-ils réclamer les marques les moins chères ? », fait-il valoir.


