Craintes chez les dépanneurs et épiciers
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal
Les dépanneurs et les épiciers craignent de voir leurs profits chuter « radicalement » avec l’élimination des présentoirs de cigarettes.
« Il y a des commerces qui vont connaître des jours difficiles », analyse Yves Servais, PDG de l’AMDEQ.
Selon lui, un dépanneur qui a un « bon volume » de ventes de cigarettes peut toucher jusqu’à 6 000 $ par an uniquement pour permettre aux cigarettiers d’installer les présentoirs dans son commerce.
« Si les fabricants de tabac n’ont plus de présentoirs, craint-il, il est possible qu’ils cessent de verser ces allocations pour utiliser l’espace du dépanneur. »
Il n’est pas en mesure de déterminer si les cigarettiers vont éliminer ces « incitatifs ».
« Mais on peut s’attendre à ce qu’ils modifient leurs ententes (commerciales), au détriment des propriétaires de dépanneurs et d’épiceries », ajoute-t-il.
Dans cette business, une compagnie de tabac qui veut avoir la meilleure position dans un commerce peut verser 4 000 $ au propriétaire de l’établissement.
Le cigarettier qui se retrouve dans une position moins avantageuse, la deuxième position, versera 2 000 $.
Les dépanneurs vendent ainsi l’espace utilisé par les cigarettiers au pied linéaire.


