Craintes chez les dépanneurs et épiciers

D'importantes sommes partent avec les présentoirs

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Le samedi 21 novembre 2009

Les présentoirs de cigarettes sur le point de disparaître

7 décembre 2007 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © ARGENT
En vidéo, écoutez les réactions du porte-parole de l'Association des détaillants en alimentation du Québec, Pierre-Alexandre Blouin.

Craintes chez les dépanneurs et épiciers

D'importantes sommes partent avec les présentoirs

Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Québec s’apprête à dicter aux dépanneurs, épiciers et détaillants de l’alimentation comment « cacher » les produits du tabac à la vue des consommateurs, a appris hier Le Journal de Montréal.

« Nous sommes en train de fignoler les derniers détails du règlement. Ça devrait se finaliser avant Noël, et les détaillants seront informés sur notre site Internet, avec photos et documents d’information », confirme Dominique Breton, du bureau du ministre de la Santé, Philippe Couillard.

À compter du 31 mai 2008, en vertu de la Loi sur le tabac, l’exploitant d’un point de vente du tabac ne pourra étaler du tabac ou son emballage à la vue des clients.

Les clients qui entreront dans un des 9 000 points de vente ne verront plus aucune trace du tabac. Les cigarettiers (Imperial Tobacco, Benson & Hedges, Japan Tobacco) ne pourront plus afficher leurs couleurs sur les présentoirs.

Aucune identification
Certains s’attendent à ce que les présentoirs disparaissent pour faire place à des armoires fermées, sans aucune identification. On pourrait exiger des détaillants qu’ils installent des tiroirs sous les comptoirs pour remiser les cartouches de cigarettes.

Cette image honnie de la cigarette véhiculée par les fonctionnaires du ministère de la Santé n’est pas un phénomène québécois. D’autres provinces, comme la Nouvelle-Écosse, ont demandé aux détaillants d’écraser toute trace de tabac pour ne pas encourager les clients à fumer des taxes. L’Ontario va imiter le Québec au printemps 2008.

Pas consultés
Mais dépanneurs et épiciers, tout en se disant en faveur de la promotion de la santé, ont l’impression d’avoir été « exclus de la consultation » menée par le ministre Couillard.

« Nous n’avons pas été consultés. Nous aurions aimé donner notre opinion. Ça commence à être temps qu’on en discute. Ça presse ! », lance le PDG de l’Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais.

Même son de cloche à l’Association des détaillants en alimentation (ADA). « Ça fait des mois qu’on attend que le ministère de la Santé nous dise ce qu’il attend exactement de nous (pour éliminer le tabac de la vue des clients) », déplore Pierre-Alexandre Blouin.

Il craint que les exigences du gouvernement ne soient démesurées et n’obligent les détaillants à « dépenser des milliers de dollars » pour s’y conformer.

Rideaux, tiroirs
« Est-ce qu’on nous demande d’installer des armoires avec des portes étanches ? Des rideaux ? Des tiroirs ? Va-t-il falloir mettre les paquets de cigarettes dans des sacs pour qu’aucun client (non fumeur) ne puisse voir qu’ils contiennent du tabac ? », questionne le plus sérieusement du monde le porte-parole de l’ADA, qui représente l’ensemble des détaillants de l’industrie.

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