Henri-Paul Rousseau compare la crise du PCAA à un «verglas financier»
Mise à jour: 28 novembre 2007 | 18h17
En vidéo, le bilan de la journée avec notre chef d'antenne, Georges Pothier.
ARGENT et La Presse Canadienne
La santé financière de la Caisse de dépôt et placement est excellente, selon son président et chef de la direction, Henri-Paul Rousseau, devant la commission parlementaire des finances publiques, à l'Assemblée nationale.
Ce dernier a révélé que l’exposition de la Caisse au papier commercial adossé à des actifs (PCAA) monte à 13,2G$. De ce montant, l’exposition au «subprime» américain très à risque monte à 1G$.
La provision que pourrait devoir prendre la Caisse sur ce «subprime» pourrait se chiffrer au pire des cas à 500M$, soit à peu près 0,3% des actifs nets totaux. «Ce n'est pas de nature à changer les équilibres financiers de la Caisse et de ses déposants. Les cotisants et les retraités québécois n'ont pas à s'inquiéter», soutient M. Rousseau.
Le grand patron de la Caisse ne peut toutefois préciser qu'elle sera la provision sur le 12,2G$ que la Caisse possède dans le PCAA. Henri-Paul Rousseau ajoute qu’il s'agit «d'actifs de très bonne qualité», au sujet desquels il faut être prudent avant de craindre des pertes. M. Rousseau a rappelé à cet égard qu'on procède à une restructuration de ces portefeuilles.
Dans son long exposé, M. Rousseau a tenu à rassurer les Québécois. Avec un rendement moyen qui frise les 14% depuis 2005, la Caisse de dépôt a engrangé des montants très importants qui lui permettent de faire face aux situations.
Pourquoi avoir investi dans les PCAA?
Le président de la Caisse de dépôt était au courant des réticences de certaines agences de crédit, notamment Standard & Poor's, à coter les PCAA. Ces agences jugeaient que le marché courait un risque de paralysie si certaines banques n'honoraient pas des conventions de prêts d'urgence prévoyant le «roulement» des papiers commerciaux.
Monsieur Rousseau a reconnu que la clause «d'urgence» était sujette à interprétation, mais que la Caisse croyait que les banques honoreraient l'engagement. C'est pourquoi la Caisse a investissement fortement dans les papiers commerciaux.
Le président de la Caisse a aussi souligné qu'il croyait que la Banque du Canada pouvait suppléer, si jamais les banques n'honoraient pas leurs engagements. La Banque du Canada a cependant estimé que sa loi constitutive ne lui permettait pas pareille intervention.
Poursuites éventuelles
Par ailleurs, M . Rousseau affirme que la Caisse et tous les membres de l’entente de Montréal ont conservé leur droit de poursuivre des banques internationales relativement à des lignes de crédit qui n’ont pas été débloquées et qui auraient pu éviter la paralysie du marché du PCAA.
La moyenne au bâton
Henri-Paul Rousseau veut être jugé sur sa performance globale. «Je ne fais pas que des bons coups, mais je veux être évalué sur l’ensemble de mon travail», affirme M. Rousseau. Il ajoute que la Caisse prend des risques de façon prudente, mais ajoute avoir mal évalué le risque dans le cas du PCAA.


