Le samedi 21 novembre 2009

Un groupe pourra entreprendre une formation à la mine Langlois

28 novembre 2007 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © Corbis
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Les chômeurs forestiers de Lebel-sur-Quévillon qui s’opposent à la venue de mineurs tunisiens viennent de remporter une première victoire. La bataille « régionale » menée par les travailleurs et le maire de la ville, Gérald Lemoyne, vient de se traduire par un déblocage.

À compter de janvier, un groupe de chômeurs de la forêt pourra entreprendre une formation pour éventuellement travailler à la mine Langlois, propriété du géant Breakwater.

«C’est une très bonne nouvelle qui donne espoir à nos chômeurs», a confié hier au Journal de Montréal le maire Lemoyne.

Il dit avoir reçu 123 demandes de travailleurs désireux de suivre une formation intensive.

«Tout ça en une semaine seulement! Ça démontre qu’il y a chez nous des travailleurs qui ne veulent pas se retrouver sur l’aide sociale», affirme-t-il.

Il n’est toutefois pas encore acquis que le dossier touchant les 47 mineurs tunisiens, qui doivent normalement débarquer à Lebel-sur-Quévillon au plus tard à la mi-janvier, soit fermé définitivement.

«On ne sait pas encore si les mineurs de là-bas vont tous venir ici, et pour combien de temps», précise le maire.

Il faut savoir que Breakwater avait suscité un vent de colère dans cette ville aux limites de l’Abitibi lorsqu’elle avait annoncé son intention de faire appel à cette main-d’oeuvre étrangère pour combler des postes de mineur.

La minière avait invoqué une pénurie de mineurs formés au Québec. Le président de la FTQ, Henri Massé, avait questionné le manque de rigueur du gouvernement dans ce dossier et la lenteur à mettre en place des programmes de formation.

Avantage

La formation pour les mineurs abitibiens sera assumée par le gouvernement du Québec, dans le cadre de programmes destinés aux travailleurs qui veulent se réorienter dans un autre secteur d’activités.

«Nous avons eu la confirmation du ministre Sam Hamad (Emploi et Solidarité sociale) que tout va commencer au début de 2008. Ça se fera à Lebel-sur-Quévillon. C’est un avantage pour nos gens», souligne Gérald Lemoyne.

Il avait déjà déclaré que «ça n’a aucun bon sens de faire venir chez nous des mineurs d’ailleurs (les mineurs tunisiens) quand on sait qu’on a des chômeurs qui attendent qu’on leur permette de travailler dans les mines».

«Mais ce qu’on sait à l’heure actuelle, c’est qu’on fera une place à nos chômeurs. C’est une question de pure logique», a indiqué le maire Lemoyne.

Costa Rica

Ce dossier n’est pas sans rappeler une autre histoire touchant des travailleurs immigrants qui doivent quitter le Costa Rica pour combler des postes de soudeur dans une entreprise de Berthierville, Produits d’acier Hason.

Cette entreprise doit embaucher au cours de l’hiver une vingtaine de soudeurs et d’assembleurs du Costa Rica pour poursuivre sa croissance. La compagnie invoque dans ce cas une pénurie de soudeurs québécois.

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