Les éleveurs divisés sur le rôle de la Fédération
Le Journal de Montréal
La crise qui secoue l’industrie de transformation des bouvillons commence à diviser les 70 éleveurs québécois, qui acceptent mal d’avoir à expédier leurs bêtes à l’extérieur du Québec, faute d’abattoir.
«Il y a des éleveurs qui questionnent le rôle de la Fédération des producteurs de bovins du Québec dans cette histoire», a confié hier au Journal de Montréal une source très proche du dossier.
Les producteurs ne veulent pas accorder d’entrevues, «de crainte de se retrouver sur la liste noire de la Fédération», ajoute cette même source.
«Si un producteur parle contre la Fédé, il risque de ne pouvoir envoyer ses bêtes aux États-Unis pour les deux prochaines semaines», ajoute cette source, qui a requis l’anonymat.
Un autre abattoir
Il faut toutefois savoir que la Fédération des producteurs de bovins du Québec, qui est toujours propriétaire à 80 % d’Abattoirs Billette, fait des pressions politiques pour ouvrir son propre abattoir de bouvillons.
Mais ce projet suscite déjà la controverse, sans compter qu’il compromettrait la relance d’Abattoirs Billette dans la région de Valleyfield.
La Fédération exploite depuis trois ans un abattoir de bovins (cette fois, pour la transformation de boeuf haché), l’abattoir Colbex, autrefois Viandes Levinoff, à Saint-Cyrille-de-Wendover.
Même le ministre
Même le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, suit le dossier de près.
Il a déclaré aux principaux joueurs de l’industrie qu’il souhaitait voir apparaître un abattoir de bouvillons au Québec pour assurer la sécurité alimentaire.



