Le samedi 21 novembre 2009

JOUR 3: Montréal doit se spécialiser

17 novembre 2007 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © Corbis
Géraldine Martin

Le Journal de Montréal

Spécialisation et soutien, les clés du succès. Pour s’affirmer comme place financière, Montréal doit se spécialiser et être secondé, soutiennent plusieurs observateurs.

Il faut que Montréal soit aidé dans sa lutte pour avoir sa place dans le monde financier, affirme Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec.

« On a déjà ici des institutions prodigieuses comme la Caisse de dépôt et placement, le Mouvement Desjardins et la Bourse de Montréal qui s’en tirent à merveille. Ça confirme que Montréal le peut, mais Montréal doit être secondé », dit-il.

Oui pour l’aide, mais il faut quand même se spécialiser, ajoute Jean-Marc Suret, professeur de comptabilité à l’Université Laval.

« Est-ce qu’on ne devrait pas développer des spécialisations vers ce qui est la spécificité de notre marché, comme le financement d’entreprises de taille intermédiaire ou encore le capital de risque ? », suggère-t-il.

Pour l’instant, Montréal est connu pour sa spécialisation dans les produits dérivés grâce à la Bourse de Montréal. Pour s’en sortir, il faut trouver des astuces, ajoute Michel Nadeau, président-directeur général de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées.

« Il ne faut pas être achetable », dit-il notamment, citant l’exemple de la Banque Laurentienne.

La septième banque du Canada est la seule en Amérique du Nord dont les employés sont syndiqués. Selon plusieurs, cette caractéristique rebuterait les acheteurs potentiels, qui préfèrent ne pas avoir à faire avec des syndicats.

Centre secondaire

Malgré tous les efforts du monde, il ne faut pas se leurrer, tempère M. Suret. Montréal, affirme-t-il, peut difficilement devenir une place financière internationale.

« Au moment où New York se demande s’il va survivre comme place financière importante, que Montréal veuille devenir une place financière mondiale, ça me fait un peu rire », dit-il, faisant allusion à une étude commandée cette année par le maire de New York, Michael Bloomberg, et le sénateur de l’État, Charles E. Schumer. D’après cette étude, New York perd de plus en plus de terrain au profit de Londres dans le domaine des finances.

« Il faut accepter que Montréal est un centre secondaire », conclut Michel Nadeau.

Et ce n’est déjà pas si mal, souligne-t-il. « Ailleurs, c’est mort. Il y a des villes comme Calgary qui se sont vidées et où il n’y a plus de gestionnaires de portefeuille. »

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