Le samedi 21 novembre 2009

Un comptable qui a perdu 120 000$ se vide le coeur

7 novembre 2007 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © Corbis
Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Pierre Dionne dit de son aventure malheureuse avec Jitec qu’elle lui a littéralement empoisonné la vie et miné sa santé. Appelé par la poursuite à témoigner au procès pénal de Benoît Laliberté, le comptable retraité s’est littéralement vidé le coeur.

«Excusez-moi», a-t-il imploré la juge Céline Lacerte-Lamontagne, de la Cour du Québec, au milieu de son témoignage livré lundi après-midi.

«Ça fait sept ans que j’attends pour m’exprimer. Je vais essayer de ne pas avoir le feu, mais on s’est fait tellement bardasser. Mon presto, ça fait longtemps qu’il bout», a-t-il lancé à différents moments de sa déposition.

M. Dionne espérait assurer en partie ses vieux jours lorsqu’il a investi un total de 126 000 $ dans des actions de l’éphémère vedette québécoise des technologies de l’information. Il a plutôt perdu 120 000 $.

«À 50 ans, je voyais ma retraite approcher et je commençais à avoir des difficultés de santé. Je croyais que le prix de l’action était susceptible de s’envoler. J’ai pensé à un petit Microsoft», a-t-il raconté avec émotion.

M. Dionne a assuré le tribunal qu’il n’était pas motivé par la vengeance - «je n’ai pas de rage, j’ai soif de justice» -, mais il a éprouvé toutes les difficultés du monde à garder sa contenance lors du contre-interrogatoire de Me Alexandre Bergevin, le représentant de Benoît Laliberté.

Une version différente

En fait, M. Dionne semblait ressentir une telle urgence à déballer son histoire qu’il a filé entre les doigts de l’avocat de la poursuite, Marc-André Fabien. Le représentant de l’Autorité des marchés financiers avait appelé «son» témoin à la barre, mais il a été incapable de l’aiguiller correctement.

Si l’effet recherché était de témoigner de la détresse des investisseurs floués dans l’affaire Jitec, Me Fabien a probablement atteint son but.

Mais laissé à lui-même avec le flot de souvenirs et d’émotions suscités par sa mésaventure avec Jitec, M. Dionne a livré un témoignage décousu du point de vue factuel et il a même offert des versions différentes d’éléments par ailleurs concordants abordés par plusieurs autres témoins.

C’est ainsi qu’il a indiqué que Benoît Laliberté a parlé de la signature imminente d’un contrat de 1,2 G$ lors d’une rencontre avec des investisseurs à Drummondville, le 4 octobre 2000.

Jusque-là, les autres témoins de cette réunion avaient tous parlé du chiffre de 400 M$.

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