Le dimanche 22 novembre 2009

Dénoncés par les organismes de protection

29 octobre 2007 | 04h00
Journal de Montréal 
 Photo © Corbis
Caroline Roy
Le Journal de Montréal

Les organismes de défense des consommateurs affirment que les compagnies de prêts sur salaire sont illégales. Le problème, c’est qu’aucun consommateur n’ose se plaindre.

L’avocate Caroline Arel, d’Option con-sommateurs, dénonce les frais exorbitants associés au prêt sur salaire.

« Ils disent que ce sont des frais d’administration ou de courtage, mais ce sont des frais d’intérêt », dit la responsable du service budgétaire. Et selon le Code criminel du Canada, les frais ou les taux d’intérêt annuels qui dépassent 60 % sont illégaux.

« Déjà, à 40 %, on considère que le taux d’intérêt annuel est trop élevé », indique Jean-Jacques Préaux, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC).

Les gens qui font affaire avec un prêteur sur salaire sont souvent jeunes, moins nantis et très mal pris, d’après Me Arel. C’est pourquoi ils ne se plaignent pas.

« Ils n’ont pas d’autre solution, explique l’avocate. Ils ont un besoin urgent d’argent et ils n’ont pas un dossier de crédit reluisant. Certains ont déjà fait faillite ou sont aux prises avec une agence de recouvrement. »

Les corps de police reçoivent aussi très peu de plaintes, à moins que les gens soient victimes de menaces ou d’intimidation.

« Ce type de prêt est souvent relié à des organisations criminelles. Les gens ont peur de les dénoncer », explique Joyce Kemp, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Pas de permis

L’OPC exige qu’un prêteur sur salaire détienne un permis, qui l’engage à respecter les dispositions du Code criminel.

Le hic, c’est que les compagnies que le Journal a consultées ne possèdent pas de permis.

« Si une compagnie est irrespectueuse des lois, l’OPC fera les démarches nécessaires et entreprendra peut-être même un recours juridique », assure M. Préaux.

Ce dernier avoue toutefois que des consommateurs doivent porter plainte contre un prêteur d’argent avant d’agir. « Ces consommateurs ne se plaignent pas, car personne d’autre ne va leur prêter de l’argent », dit-il.

croy@journalmtl.com

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