DOSSIER: l'équivalent de taux jusqu'à 650%
Dénoncés par les organismes de protection
Le prêt sur salaire en chiffres :
Journal de Montréal
Besoin d’argent rapidement ?
Vendez votre salaire. Les prêteurs sur salaire s’engagent tous à vous accorder un prêt rapidement, sans enquête de crédit.
Le problème, c’est que les prêteurs sur salaire exigent des frais faramineux. Dans certains cas, les frais exigés correspondent à des taux d’intérêt annuels allant jusqu’à 651 %.
Le prêt sur salaire consiste à prêter à court terme un montant d’argent oscillant entre 100 $ et 500 $. Des frais entre 25 $ et 50 $ pour chaque tranche de 100$ peuvent être exigés.
Par la suite, le prêt et les frais doivent être remboursés, entièrement ou en partie, deux semaines plus tard.
Afin de connaître les pratiques, souvent douteuses, des prêteurs sur salaire, Le Journal de Montréal a appelé quatre compagnies - APX, Crédit Yamaska, Courtage Expert et Axevia - qui s’affichent dans les petites annonces sur Internet ou dans les journaux.
La représentante du Journal disait gagner un salaire net de 650 $ aux deux semaines en travaillant depuis un an comme vendeuse dans un magasin de plein air à Montréal.
Les prêteurs sur salaire lui ont offert des prêts de 200 à 500 $ avec des frais d’emprunt allant jusqu’à 160 $.
Ils s’assurent aussi que le salaire du client potentiel est versé directement dans son compte bancaire et qu’il détient un emploi stable. Ils exigent aussi plusieurs renseignements personnels avant de consentir au prêt.
APX est la seule compagnie qui demande de rencontrer ses clients à son bureau de Laval pour signer le contrat de prêt.
Chez Crédit Yamaska, le prêteur affirme qu’il communique avec ses clients seulement par télécopieur, y compris pour signer le contrat de prêt. Il ne donne pas l’adresse de son bureau.
En moins d’une heure
Sur le message automatique de Courtage Expert, on garantit de vous trouver de l’argent en moins d’une heure. « Pas besoin de se déplacer. Toutes les démarches du prêt se font par fax », dit-on.
Le message informe même le client des endroits où il peut télécopier des documents : Bureau en gros, pharmacies, Postes Canada, et même son employeur.
Lorsque le Journal a osé questionner les prêteurs sur les frais additionnels en cas de non-paiement, la réponse était plutôt virulente.
« Pourquoi vous nous appelez, Madame, si vous ne pensez pas être capable de nous rembourser ? », a demandé le représentant de Courtage Expert. Le prêteur Axevia n’a même pas voulu révéler ces frais. « Je ne fais pas affaire avec une personne qui pense déjà à ça. Vous êtes bien gentille, Madame, mais je sais où vous travaillez », dit-il avant de raccrocher.
croy@journalmtl.com



