«Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin» n'est pas une défense
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
«C’est pas une défense, ça. Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin», a dit le juge Claude Leblond à Vincent Lacroix, hier.
La réplique du magistrat est tombée lorsque M. Lacroix tentait de justifier son appel à la barre de Martine Dubreuil, une employée de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
En substance, l’ex-président de Norbourg a expliqué que son témoignage l’intéressait parce que Mme Dubreuil avait fait l’inspection des Fonds Évolution avec leur acquisition par Norbourg, en décembre 2003.
Il a précisé que ce témoignage aurait un lien avec les accusations de manipulation des valeurs des fonds auxquelles il fait face.
Sa thèse est la suivante: Norbourg a hérité d’un trou de plus de 20 M$ en achetant les Fonds Évolution de Capital Teraxis, qui était propriété de la Caisse de dépôt et placement à hauteur de 80 %. Donc, selon M. Lacroix, la société n’avait d’autres choix que de piger dans les actifs d’autres fonds pour combler ce trou (le fameux trou de la Caisse que l’ex-patron de Norbourg a maintes fois évoqué depuis le début de son procès).
«S’il manque des sommes à cette époque, comment ne peut-on pas manipuler les valeurs après ça. Pour certains fonds, on était devant un fait accompli», a dit Vincent Lacroix.
C’est à ce moment que le juge Leblond est intervenu: «Ce n’est pas une défense, ça. Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin.»
Le juge a donc cassé l’assignation à comparaître de Mme Dubreuil parce que Vincent Lacroix ne pourrait vraisemblablement rien en tirer qui le disculperait d’une ou des 51 accusations déposées contre lui.

