Le vendredi 10 février 2012

Montréal offrira des produits pétroliers

11 octobre 2007 | 04h00
ARGENT 
 © Corbis

Michel Van de Walle
Le Journal de Montréal

La Bourse de Montréal a dans son pipeline plusieurs nouveaux produits qu’elle aimerait mettre en marché au cours de la prochaine année.

Deux de ces produits sont dans le secteur énergétique, un nouveau créneau pour Montréal. Il s’agit d’un contrat à terme sur le pétrole des sables bitumineux albertains et un autre sur le gaz naturel.

Lors d’un entretien hier avec le Journal, le président de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand, a dit qu’il espère pouvoir lancer ces contrats en 2008.

Les deux nouveaux produits dérivés sont l’une des conséquences concrètes de l’entente conclue le printemps dernier avec le New York Mercantile Exchange. Nymex a acquis 10 % des actions de la Bourse de Montréal et convenu de créer le Marché canadien des ressources (CAREX), une Bourse spécialisée dans le secteur énergétique.

Il n’existe pas de produit dérivé lié au pétrole issu des sables bitumineux, dont la qualité est différente des autres pétroles. «On veut offrir un produit standardisé qui servira autant aux producteurs qu’aux clients et aux arbitragistes», a expliqué M. Bertrand.

Dans le cas du gaz naturel, il sera différent de ce qui se transige actuellement à New York en ce que les prix seront ceux d’un point de livraison situé en Ontario plutôt qu’au traditionnel Henry Hub américain.

Carbone et obligations 30 ans

Par ailleurs, M. Bertrand dit avoir «bon espoir» de lancer aussi en 2008 le contrat à terme sur le carbone, la base du nouveau Marché climatique de Montréal. Le projet est actuellement examiné par l’Autorité des marchés financiers.

Ce produit, mis au point avec le Chicago Climate Exchange, permettra au marché d’attribuer un prix aux émissions de CO2 qui sont responsables des gaz à effet de serre.

«Le public s’attend à ce que la communauté des affaires trouve des solutions au problème (des gaz à effet de serre), a soumis M. Bertrand. C’est un grand service qu’on va rendre.»

Chaque contrat portera sur l’émission d’une tonne de CO2. Pour bien fonctionner, le marché du carbone doit toutefois avoir des règles contraignantes édictées par les gouvernements. M. Bertrand s’attend à ce qu’Ottawa publie d’ici à la fin de l’année des objectifs plus précis que ceux qui étaient prévus à son plan vert d’avril dernier.

Enfin, dans un autre ordre d’idées, la Bourse prévoit lancer le mois prochain un nouveau contrat à terme sur taux d’intérêt, sa spécialité. Il portera cette fois sur les obligations du Canada de 30 ans. En le mettant en marché, l’institution montréalaise complète son offre puisqu’elle a déjà des contrats sur les trois mois, les deux ans, les cinq ans et les dix ans.

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