Le vendredi 10 février 2012

« BUSINESS AND THE CITY »

9 octobre 2007 | 07h10
ARGENT 
Anne Marcotte 

ll y a quelques semaines, j’ai reçu un courriel de Valérie, une productrice cinéma-télé, qui me mentionnait que cette tribune pourrait également s’intituler « Business and the City ». Sa réflexion faisait référence à la fameuse série de télé américaine « Sex and the City ». Sarah Jessica Parker y tient le rôle de Carrie Bradshaw, une chroniqueuse qui écrit pour un journal de New York.

Belle coïncidence, devinez où je me suis retrouvée pendant quelques jours la semaine dernière ? Exactement. Dans la capitale mondiale de la finance (où plus de 25% des capitaux mondiaux sont gérés et administrés, selon ce qu’on raconte). J’avais la chance d’assister à des conférences financières d’entreprises publiques, qui présentaient leurs organisations et leurs plans de match.

Regard à gauche; regard à droite : ouf, nous étions quelques unes! Il y avait des analystes, des gestionnaires de fonds, et, malheureusement plus rarement, des CEO (Chief Excutive Officer).

Une approche ré e l l e ment différente !

Trop peu nombreuses, mais quand même. Dans un marché toujours majoritairement masculin, les femmes semblent enfin commencer à prendre une certaine place. J’avoue que ce jour-là, l’une d’elles, une gestionnaire de fonds, m’a particulièrement surprise. Les questions qu’elle adressait aux différents dirigeants, étaient très personnelles. Pendant que les autres (les hommes!) s’affairaient à poser les questions financières traditionnelles, elle semblait préoccupée de cerner précisément les réelles motivations du management. Elle interrogeait les hauts dirigeants sur leurs origines, leurs valeurs, leurs aspirations. Cette gestionnaire voulait vraiment savoir ce qui les animait profondément et à quel genre de succès ils aspiraient. Elle avait comme stratégie de les amener sur un terrain plus intérieur pour accéder à la vraie nature du management. J'ai compris qu'elle voulait personnifier les entreprises au-delà des résultats financiers.

Mon premier CA

Alors que je l’écoutais s’exprimer différemment des autres, je me suis soudainement rappelée ma toute première expérience au conseil d’administration d’un consortium technologique. J’étais fortement intimidée par le calibre des membres assis autour de la table. Maintes fois, je me suis demandée : « …mais qu’est-ce que je fais ici… », lorsque j’entendais, par ci et par là, des « j’appuie », « je seconde » que je n’aurais jamais osé prononcer. J’ai réalisé, trop tard malheureusement, que j’aurais probablement pu apporter une bien meilleure contribution à l’organisation si je n’avais pas été assaillie par cette peur du ridicule qui m’a souvent cloué le bec. J’aurais eu des choses intelligentes à dire sur ce conseil parce que je connaissais très bien l’industrie des nouvelles technologies dans laquelle oeuvrait le consortium. Je ne l’aurais probablement pas dit de la même manière que les habitués, mais j’aurais pu oser et prendre ma place afin de contribuer à faire la différence. Contrairement à la gestionnaire, cette fois-là, je n’avais pas osé.

Les femmes créent de la valeur

La bonne nouvelle, c’est qu’un nombre croissant d’entre nous osent. Et ça marche. Dans une récente étude, une institution financière concluait que le rendement sur l’avoir des actionnaires était généralement supérieur de 35% lorsqu’une femme dirige une entreprise. Bien que chaque personne possède sa propre personnalité, ses propres traits de caractère, les femmes et les hommes ont souvent des approches très différentes en affaires. Il est donc opportun d'encourager les femmes à accéder à des postes non conventionnels, à faire leur place dans des secteurs de l’économie habituellement « réservés » aux hommes et à être plus présentes sur les conseils d’administration. À preuve, la dernière statistique.

Les femmes ont un rôle à jouer dans cette aventure de « Business and the City ». Il faut s’affirmer et plonger même si on n’est pas entièrement habitée par des certitudes. Ne pas oser s’exprimer n’apporte aucune contribution. Le faire, semble créateur de richesse pour tous. Allez-y, foncez !

Une tribune pour vous Je vous remercie de partager avec moi vos réflexions chaque semaine. Cette tribune est pour vous, écrivez-moi! À la semaine prochaine. anne.marcotte@vivemtia.ca

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