Le vendredi 10 février 2012

Des aides fiscales pour embellir votre bureau

1 octobre 2007 | 15h41
ARGENT 
 

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Mathieu Bruckmüller
ARGENT CANOË

L’art et l’entreprise sont-ils compatibles? Pour stimuler le marché de l’art contemporain, l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC) a mis sur pied une foire exclusive d’oeuvre sur papiers, qui s’est tenu du 27 au 30 septembre à Montréal. Intitulé Papier, l’évènement a permis à une quinzaine de galeries québécoises et canadiennes de rencontrer, outre le grand public, des acheteurs corporatifs. Si l’art est avant tout une histoire de goût, saviez-vous que les entreprises bénéficient d’incitatifs, non négligeables, à l’achat d’oeuvres?

«Pour se qualifier entièrement, deux critères sont fondamentaux», explique Caroline Renaud, fiscaliste chez Raymond Chabot Grant Thorton. «L’œuvre doit être exposée dans les locaux de l’entreprise à vue des clients afin de dégager une image de marque de l’entreprise; elle doit ensuite aussi avoir été réalisée par un artiste canadien». Si ces deux critères sont respectés, la déduction annuelle équivaut à 20% de la valeur de l’œuvre au fédéral, et à 33.3% de la valeur de l’œuvre au Québec. Par la suite, il est possible de revendre l’oeuvre ou même de faire un don moyennant d’autres avantages.

«Pour l’entreprise, l’art n’est pas une priorité d’achat», reconnaît Grégory Kunz de l’AGAC, mais ces incitatifs, souvent méconnus, peuvent être un stimulant pour les petites compagnies. Si vos liquidités ne vous permettent pas d’acquérir une oeuvre, pas de problèmes, il est même possible d’en louer une avec option d’achat pour moins de 20 $ par mois. «Pour améliorer votre image auprès de vos clients, changez vos posters accrochés aux murs pour un tableau par exemple», lance Jean-Michel Bergeron, galeriste à Ottawa.

«Quant à faire de la décoration autant la faire de manière intelligente», estime Jo-Ann Kane, conservatrice de la Collection de la Banque Nationale. «Cela prend juste une personne en interne qui saura convaincre la haute direction d’investir dans des oeuvres d’art», poursuit-elle.

La Banque Nationale est à la tête de la plus importante collection au pays. Elle compte plus de 7 000 œuvres d’art, qui brossent le portrait de l’histoire de l’art québécoise et canadienne depuis 1895. Les oeuvres sont réparties dans l’ensemble de ses bureaux et succursales à travers le monde et la valeur totale du fonds dépasse les 10 M$.

Si chaque année, l’institution fait l’acquisition d’une vingtaine d’oeuvres, Jo-Anne Kane refuse de dévoiler le montant annuel consacré. « Outre la promotion de l’image de marque de l’entreprise à travers une collection, celle-ci permet aux individus d’être confrontés à l’art et de susciter des réactions ou des discussions entre collègues », explique la titulaire d’un baccalauréat en Histoire de l’art et d’une maîtrise en Muséologie de l’UQAM.

Au Québec, une trentaine d’entreprises font partie de l’Association des Collections d’entreprises. Présidée par Jo-Anne Kane, elle regroupe de gros noms comme Hydro-Québec, Loto-Québec, la Caisse des dépôts ou encore Power Corporation. Une entreprise comme Loto-Québec consacre, chaque année, environ 300 000 $ pour l’acquisition d’oeuvres d’art.

Selon Matthieu Gauvin, le directeur général de l’AGAC, la première édition de Papier a rempli son contrat et sera reconduite en 2008.

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