Le dimanche 8 novembre 2009

Être sur le conseil d'administration de Norbourg sans jamais assister...

27 septembre 2007 | 16h02
Mise à jour: 27 septembre 2007 | 17h25
ARGENT 
 

LA PRESSE CANADIENNE

Un collaborateur de la première heure de Vincent Lacroix a fait état, jeudi, des multiples rôles qu'il a joués dans Norbourg et qu'on lui a fait jouer à son insu.

Même s'il était membre du conseil d'administration de Norbourg, Gabor Mathyas n'a assisté à aucune réunion, n'a signé aucun document et n'a jamais su qui étaient les autres membres, a-t-il affirmé jeudi au procès de Vincent Lacroix. Ce n'est que lors de l'enquête policière et comptable menée sur Norbourg et Lacroix qu'il a appris que des résolutions du conseil d'administration portaient sa signature.

En plus d'être conseiller en placements pour Vincent Lacroix à compter de 1999, Gabor Mathyas est devenu au fil des mois le pourvoyeur des fonds de roulement de l'entreprise, membre du conseil d'administration, représentant en fonds communs en plus de réunir la rondelette somme de 500 000 $ auprès de ses proches pour les investir dans trois fonds maison pour lesquels il fournissait des recommandations d'achat et de vente à son patron. Il s'agissait des fonds Répartition tactique canadien, Placement équilibré et Compagnies émergentes de croissance.

M. Mathyas, qui travaillait auparavant chez Via Rail à titre d'ingénieur, se plaisait dans tous ses rôles qui lui permettaient de donner libre cours à sa passion, l'investissement.

À un certain moment, Vincent Lacroix lui a demandé de lui consentir un prêt, dans l'attente d'une subvention du gouvernement du Québec. Il y eut trois prêts, toujours remboursés, de 20 000 $, 50 000 $ et 50 000 $.

En juillet 1999, toujours à la demande de Lacroix, il devient membre du conseil d'administration de Norbourg. Il n'a jamais participé à une réunion et ignorait qui étaient les autres membres, a-t-il dit dans son témoignage. Il s'en inquiéta quand il apprit que Lacroix négociait l'achat de la firme de courtage Maxima Capital. Craignant de se retrouver dans une mauvaise position, il réclama la tenue de réunions mensuelles pour la prise de décisions et une assurance contre d'éventuelles poursuites, ce qui lui fut refusé. Le 11 avril 2001, M. Mathyas démissionna du conseil d'administration.

L'avocat de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Me Eric Downs, a soumis au témoin une vingtaine de résolutions du conseil d'administration où apparaissait la signature de M. Mathyas. Il a affirmé n'en avoir signé aucune. Certains des documents portaient des dates ultérieures à sa démission.

Après avoir noté que ses recommandations d'investissement n'étaient plus suivies depuis quelques mois et qu'il ne connaissait rien des compagnies dans lesquelles Norbourg investissait dorénavant, sa relation avec Lacroix est devenue tendue. Peu après, ses services n'étaient plus requis. Il a cessé de travailler pour Norbourg le 4 novembre 2003 et obtenu une promesse d'indemnité de départ de 50 000 $. Sans perdre une minute, M. Mathyas a conseillé à ses proches de retirer leurs billes, ce qu'ils ont fait. Un seul a laissé traîner les choses et attend toujours son argent, a dit le témoin.

Pour ce qui est de l'indemnité de départ promise, les mois ont passé. Non seulement il ne recevait pas le chèque promis, mais Vincent Lacroix ne retournait pas ses appels. Il a intenté une poursuite, ce qui a mené à une entente à l'amiable en juillet 2005, de 44 000 $, un mois avant la fin abrupte des activités de Norbourg.

Lors du contre-interrogatoire, Vincent Lacroix a fait admettre au témoin qu'il lui avait déjà conseillé l'achat d'actions de Mount Real dont il connaissait bien les dirigeants, ainsi que de Norshield.

On sait maintenant que pas moins de 1600 investisseurs ont perdu 140 millions $ dans Mount Real et que 482 millions $ sont disparus dans Norshield.

L'AMF évalue pour sa part que 9200 investisseurs de Norbourg ont été floués pour un montant total de 115 millions $. L'AMF reproche à Lacroix d'avoir contrevenu à 51 reprises à la Loi sur les valeurs mobilières du Québec, par des manoeuvres frauduleuses et détournements de fonds, notamment.

Le procès reprendra lundi pour une 37e journée avec le témoignage d'une représentante du gardien de valeurs des fonds Norbourg, la firme Northern Trust.

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