Leçon d’entrepreneuriat signée USA
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Les chefs de dix entreprises québécoises prometteuses participent à une formation novatrice offerte par le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Une expérience unique qui pourrait leur permettre d’améliorer leurs performances et leur chiffre d’affaires dans un avenir immédiat.
«On aurait eu cette formation il y a deux ans qu’on serait déjà plus loin», résume Jean-Pierre Lepage, président de l’entreprise Air Delta de Montréal, qui participe au programme de formation du MIT encadré par la Fondation de l’entrepreneurship. Tout en insistant sur les concepts de la vente, du réseautage, du marketing et de la gestion des ressources humaines, le programme a comme objectif ultime de faire passer le chiffre d'affaires des entreprises de 2 M$ à 20 M$ sur un horizon de cinq ans.
Approchée par le MIT l’an dernier, la Fondation a rapidement été séduite par l’offre de Kenneth Morse consistant à mettre sur pied un projet-pilote de formation et de coaching offert à raison de quatre sessions de deux jours au Québec et une session d’une semaine à Boston, le tout réparti sur un an.
Pour ce faire, les instigateurs ont lancé une invitation aux entreprises œuvrant dans le domaine technologique et enregistrant un chiffre d’affaires minimum de 2 M$ en 2007. Une cinquantaine d’entreprises québécoises ont soumissionné en fonction d’autres critères précis. Parmi elles, les organisateurs en ont désigné dix, à savoir Wavesat, Teraxion, Covéo Solutions, Humagade, 8D Technologies, Pultrall, Trellia networks, Air Data, LxSix Photonics et KBMS.
Bien qu’ils ne s’attendent pas à observer des résultats quantitatifs chez les entreprises avant la fin de la première année du programme, les organisateurs du projet sont toutefois convaincus de constater à courte échéance un changement d’ordre qualitatif. «Je suis persuadé que la qualité du pipeline de ventes sera plus structurée», souligne Mario Girard, chargé du programme.
Du côté des principaux intéressés, les éloges fusent de toutes parts, comme en témoigne Isabelle Bettez de 8D Technologies. «Ça excède mes attentes, avoue-t-elle. J’ai réalisé qu’il y avait une recette, des principes qui ne relèvent pas de la magie et que tout ça peut s’appliquer.» Depuis que la formation a début en mai dernier, les bienfaits se font déjà sentir au sein de son entreprise, confie Mme Bettez.
La recette de l’oncle Sam
Mais pourquoi les entrepreneurs les plus ambitieux de la province ont-ils besoin de suivre une formation offerte par des Américains? «Si tu joues au golf et que Tiger Woods se pointe pour offrir une formation, tu vas en profiter…», résume Isabelle Bettez.
En d’autres mots, il semble que nos cousins du Sud aient assurément l’expérience du milieu et que leur crédibilité ne soit plus à faire. «C’est un programme qui est dirigé par des anciens entrepreneurs», fait remarquer Kenneth Morse, responsable du programme de développement de l’entrepreneurship au MIT.
Qu’est-ce qui manque alors au Québec?
La création d’un tel projet-pilote conduit à s’interroger sur les raisons pour lesquelles les têtes d’affiches du milieu des affaires québécois ont besoin d’un pareil coup de pouce... La réponse s’avère d’une logique évidente. «L’industrie au Québec est jeune; nos entreprises savent créer, mais elles ne savent pas vendre, explique Antonio Lara, vice-président de Pôle Québec Chaudière-Appalaches. C’est plein de gens innovateurs qui ont besoin d’un coup de main pour franchir une performance mondiale. Il n’y a pas une deuxième génération d’entrepreneurs au Québec encore.»
Aussi, le savoir-faire en matière d’entrepreneuriat au Québec ne serait pas suffisamment emmagasiné au Québec pour permettre un transfert de connaissances au profit des jeunes qui se lancent en affaires, explique Régis Labeaume, président de la Fondation de l’entrepreneurship. «Il faut aider les entrepreneurs du Québec à devenir plus global parce que le marché du Québec et du Canada est petit», ajoute Kenneth Morse.
Le programme de formation baptisé 10x20 est financé en bonne partie par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Pôle Québec Chaudière-Appalaches, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et la Fondation de l’entrepreneurship.


