Hydro Québec a reçu des offres pour plus de 7700 mégawatts
Sylvain Larocque
Presse canadienne
Ce sont des entreprises de l'extérieur du Québec qui proposent les plus importants projets de développement éoliens dans le cadre de l'appel d'offres de 2000 mégawatts d'Hydro-Québec, qui vient de prendre fin.
Pas moins de 25 groupes ont soumis 66 projets à la société d'Etat, pour une offre totale de 7724,2 mégawatts, soit quatre fois plus que la demande d'Hydro.
C'est le consortium Saint-Laurent Energies, formé de l'entreprise montréalaise Hydroméga Services, d'EDF Energies nouvelles (France) et de Renewable Energy Systems (Royaume-Uni) qui, avec huit projets totalisant 1348 mégawatts, domine la liste. Suivent TransCanada Energy, de Calgary (10 projets, total de 978,5 mégawatts), SkyPower, de Toronto (6 projets, 967,5 mégawatts), Northland Power, de Toronto (6 projets, 744 mégawatts), l'irlandaise Airtricity (4 projets, 506,4 mégawatts), l'ontarienne Invenergy (2 projets, 462 mégawatts) et la montréalaise Kruger Energie (4 projets, 458 mégawatts).
Des coopératives de citoyens ont également soumis quelques projets.
«C'est bien de pouvoir faire un choix parmi plusieurs soumissionnaires», a commenté une porte-parole d'Hydro-Québec, Josée Morin, dans un entretien téléphonique.
Les projets sont localisés dans la plupart des régions du Québec: Bas Saint-Laurent, Gaspésie, Nord-du-Québec, Chaudière-Appalaches, Charlevoix, Montérégie, Côte-Nord, Centre-du-Québec et Estrie. Le plus gros parc d'éoliennes proposé serait construit à la Baie-James (499,5 mégawatts) et le plus petit à Cap-Chat, en Gaspésie (7,2 mégawatts).
L'appel d'offres venait à échéance mardi.
La société d'Etat procédera à l'analyse des projets au cours des prochains mois et prévoit annoncer les soumissionnaires retenus en février prochain.
Parmi les critères imposés, les soumissionnaires doivent garantir que 60 pour cent des coûts globaux de chaque parc d'éoliennes seront engagés au Québec et que 30 pour cent du coût des éoliennes elles-mêmes devra être engagé dans la municipalité de Matane et en Gaspésie.
Par ailleurs, les projets qui recevront l'appui des élus locaux et qui contribueront au développement et à la participation des communautés locales et autochtones seront favorisés.
La société d'Etat exige cependant que les projets puissent être réalisés au meilleur coût possible.
Ce deuxième appel d'offres d'Hydro-Québec pour de l'énergie éolienne avait été lancé en octobre 2005. La réalisation des parcs éoliens doit s'échelonner sur une période de cinq ans, soit de 2010 à 2015.
Une fois choisis, les promoteurs devront conclure avec Hydro des contrats qui seront ensuite soumis à l'approbation de la Régie de l'énergie. Par la suite, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement devra évaluer les projets, qui devront ultimement recevoir un certificat du ministère de l'Environnement du Québec.
Le premier appel d'offres, qui visait l'acquisition de 1000 mégawatts d'électricité, remonte à mai 2003 et se limitait à la Gaspésie. Hydro-Québec avait alors reçu des propositions pour près de 4000 mégawatts.
Les contrats ont été attribués en octobre 2004 et devraient être réalisés d'ici 2012. Deux soumissionnaires ont été retenus en 2004, soit Cartier Energie Eolienne/TransCanada Energy (six projets) et Northland Power (deux projets).

