Le bonheur n'a pas de prix
Anne Marcotte
- «Financièrement, c’est un pensez-y bien, je suis encore dans un stade de survie».
- «Il est certain que j’ai vécu bon nombre d’obstacles ainsi que des moments de découragement et d’insécurité».
- «J’ai eu mon lot de surprises et cela m’a généré des tracas financiers».
Voici quelques réflexions que j’ai extraites de certains courriels reçus.
Première réaction? Cela fait peur, c’est certain. Curieusement, toutes ces personnes mentionnent ensuite tout de même haut et fort que leur bonheur n’a pas de prix ! Je comprends exactement ce qu’elles veulent dire, l’ayant moi-même vécu à quelques reprises. Particulièrement au démarrage de mon entreprise. L’argent n’est pas l’essence du bonheur de l’entrepreneur. C’est un accessoire. Le bonheur de l’entrepreneur semble plutôt résider dans son accomplissement personnel. L’insécurité financière est un passage obligé lors du démarrage d’une entreprise. Il faut tenter de l’apprivoiser et ne pas se laisser abattre.
Une histoire inspirante
Laissez-moi vous raconter l’histoire d’une lectrice. Celle de Nathalie, qui m’a particulièrement touchée par son témoignage sans détour et rempli de sincérité.
Tout commence à la fin de l’adolescence. Nathalie s’intéresse au domaine du vêtement (de la «guenille» comme elle dit) et participe au démarrage du commerce de ses parents. Elle travaille avec acharnement, sans compter les heures. Même si certains de ses amis lui disent régulièrement: «Tu perds ta jeunesse, tu travailles trop, qu’est-ce que ça donne?». C’est son choix. Elle croit fermement qu’un jour, elle verra le résultat de tous ses efforts.
1er coup dur
Quatre ans plus tard, la voilà actionnaire à 33% d’une compagnie qui est passée d’un tout petit magasin, à 7 succursales. Les choses roulent.
Jusqu’à ce que… Le contexte économique, les importations venant de Chine, et une mauvaise planification, avoue-t-elle, les forcent, elle et ses associés, à fermer les magasins. Il est étonnant de voir comment elle décrit avec détails le concept de ses boutiques. Comme si elles existaient encore. Le coup est visiblement très dur pour elle.
Repartir avec son p’tit bonheur
Elle réussit néanmoins à récupérer les trois meilleurs points de vente et se lance dans les vêtements de maternité avec un tout nouveau concept. Une seule des trois boutiques est rentable, et permet de maintenir le tout à flot. Mais voilà, le propriétaire y double le loyer. Autre échec.
Une nouvelle fois, Nathalie se réinvente. Cette fois-ci, elle a l’idée de distribuer certains de ses meilleurs articles de la section cadeaux dans des pharmacies et magasins de détail. Elle trouve un distributeur. Malheureusement, la compétition est plus forte que lui. Les ventes chutent.
Cette fois, elle a vraiment le goût d’abandonner. Elle y réfléchit longuement, à tête reposée, le soir après le coucher de ses jeunes enfants.
Et aujourd’hui, sa vie tourne comme un carrousel, c’est sa nature…
Mais quelque chose à l’intérieur la pousse à continuer. Après avoir multiplié les efforts et assisté à des journées spéciales organisées par les grandes chaînes de magasins (dont Wal-Mart), elle signe finalement un contrat avec La Baie.
Ses produits sont maintenant disponibles dans presque tous les magasins de maternité et d’ameublement de bébé au Québec. Elle a même fait l’acquisition d’une petite entreprise afin de bonifier son offre. Elle termine son courriel en m’écrivant: «Que voulez-vous, j’aime ça, j’y crois, je suis incapable d’arrêter et j’ai la tête pleine d’idées».
En conclusion
Que disions-nous en début de chronique déjà?
«L’argent n’est pas l’essence du bonheur de l’entrepreneur. C’est un accessoire. Le bonheur de l’entrepreneur semble plutôt résider dans son accomplissement personnel. L’insécurité financière est un passage obligé lors du démarrage d’une entreprise. Il faut tenter de l’apprivoiser et ne pas se laisser abattre.» C’est toute l’histoire de Nathalie, et de son entreprise, créée en plusieurs étapes.
Elle est propriétaire de Bébé Carrousel et de Mère Nature. C’est une entrepreneure!
Une vraie. Une pure. Elle a au surplus cette capacité à saisir les occasions comme elle vient si bien de le faire en utilisant cette tribune pour faire connaître non seulement son histoire mais aussi, ses entreprises.
Une tribune pour vous
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anne.marcotte@vivemtia.ca
*Anne Marcotte est une femme d'affaires, présidente de Vivemtia.

