Commonwealth Plywood menace d'envoyer 700 travailleurs au chômage
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal
La crise forestière s’aggrave. Commonwealth Plywood menace d’envoyer au chômage, pour tout l’hiver, 700 travailleurs dans ses 5 usines au Québec.
«C’est simple: nous n’avons pas les approvisionnements suffisants pour faire tourner nos usines.
«Certaines d’entre elles ont du bois dans la cour pour seulement un mois et demi de production. Ça ne peut continuer ainsi», a confié hier au Journal de Montréal le président de Commonwealth Plywood, William T. Caine.
Pour les travailleurs, cette menace de fermeture constitue un deuxième coup dur en trois mois.
La majorité d’entre eux viennent de rentrer au travail. La compagnie les avait mis à pied en juin, invoquant des problèmes d’approvisionnement.
À l’usine de Sainte-Thérèse, une centaine d’employés ont même passé l’été en vacances forcées. Le retour au travail s’est amorcé lundi.
Réponse
William T. Caine n’en est pas à sa première prise de position «pour faire bouger le gouvernement».
«Mais là, nous voulons de l’action rapidement. Nous avons besoin de nous approvisionner en feuillus (tremble, pin, bouleau).
«Nous attendons une réponse. Il semble toutefois que les fonctionnaires aient tout leur temps pour prendre une décision», soupire-t-il.
Il fait valoir cependant que le temps presse. «Dans quatre semaines, il sera trop tard pour rentrer dans le bois et récolter la fibre nécessaire à la poursuite de nos activités», insiste le président de l’entreprise.
Les dix scieries de Commonwealth Plywood «demeurent fermées jusqu’à nouvel ordre», ajoute-t-il.
Des arbres morts
Il trouve par ailleurs «aberrant» qu’on limite les approvisionnements dans la forêt feuillue.
«On nous empêche de couper des arbres qui vont, de toute manière, mourir par le centre et qui vont tomber sans qu’on puisse les récupérer.
«On n’a pas accès au bois au Québec à un prix raisonnable et on doit se tourner vers l’Ontario et les États-Unis», rappelle-t-il.
La situation s’aggrave
«La crise dans notre industrie s’aggrave de jour en jour», constate Guy Chevrette, PDG du Conseil québécois de l’industrie forestière (CQIF).
Selon lui, les compagnies forestières qui dépendent de la forêt feuillue sont «les plus mal en point».
Le Conseil québécois s’attend à ce que le gouvernement Charest fasse connaître, d’ici à la fin de la semaine, sa position officielle dans le dossier touchant les approvisionnements en feuillus pour les forestières.
«Il est grandement temps que des décisions se prennent», reconnaît-il.
√ Commonwealth Plywood a des usines à Sainte-Thérèse, Shawinigan, Princeville, Lachute et Gatineau.


