Le boom minier échappe aux chômeurs de l’Abitibi
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal
Le boom minier observé en Abitibi et dans le Grand Nord échappe aux chômeurs de la forêt, déplore la FTQ, qui réclame la mise sur pied d’une «véritable école des mines» dans l’Abitibi-Témiscamingue.
«C’est inacceptable. Il y a chez nous des centaines de chômeurs de l’industrie forestière qui voudraient travailler dans les mines.
«Mais il n’ont pas la formation requise et ils voient les emplois leur échapper au profit de mineurs venus de l’Ontario, et bientôt du Nouveau-Brunswick», a confié hier au Journal de Montréal le conseiller régional FTQ en Abitibi, Gilles Chapadeau.
Le président de la FTQ, Henri Massé, doit d’ailleurs faire le point dans ce dossier au cours d’une conférence de presse en Abitibi, ce matin. Toutefois, selon le conseiller régional, le temps presse de trouver des solutions afin de permettre aux chômeurs forestiers de travailler dans le secteur minier, en pleine explosion économique.
Seulement 100 candidats formés
Il évalue à 800 le nombre de travailleurs de la forêt qui sont sans emploi «et qui se dirigent vers l’aide sociale».
«Pourtant, on nous rapporte qu’il y a plus de 500 postes de mineur à combler annuellement dans la région, et même davantage avec les projets sur le point d’être lancés.
«Sauf qu’à Val-d’Or, où l’on forme les mineurs, à peine 100 candidats peuvent suivre les cours nécessaires. On n’a pas assez de formateurs. «Les autres doivent attendre. En même temps, ce sont des mineurs d’ailleurs qui viennent travailler chez nous avec de bons salaires», ajoute Gilles Chapadeau.
Des pressions ont été exercées par les syndicats sur les membres du gouvernement Charest. Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, se serait montré «d’accord» avec la requête de la FTQ.

