Comment fournir le monde en bleuets frais?

Non, ce n'est pas une histoire de Bleuets... Au Lac-Saint-Jean, le petit fruit est en voie de devenir tellement gros que sa production devrait bientôt dépasser la production laitière de la région. En vidéo, écoutez les explications de Daniel Simard, directeur général du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec." />

Le samedi 21 novembre 2009

Le bleuet sur le point de doubler l'industrie laitière

8 août 2007 | 06h09
Mise à jour: 8 août 2007 | 07h56
ARGENT 
Récolte de bleuets ARGENT

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Monique Girard-Solomita

Le Journal de Montréal

DOLBEAU-MISTASSINI | La production de bleuets, la deuxième industrie en importance au Lac-Saint-Jean après la production laitière, n’a pas fini de prendre de l’expansion.

Les bleuets sont en demande en raison de leurs excellentes propriétés pour la santé et, bien entendu, de leur goût exquis.

L’entreprise Les Bleuets sauvages du Québec, de Saint-Félicien, une organisation regroupant des producteurs de bleuets et des entreprises de transformation qui achète et exporte du bleuet depuis 45 ans, a des représentants établis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Jean-Eudes Senneville, président de Bleuets sauvages du Québec, estime que d’ici à une dizaine d’années, le secteur du bleuet va dépasser l’industrie laitière.

C’est aussi l’opinion de Gérard Baril, président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec.

« La production de bleuets, ce n’est plus du folklore, c’est quelque chose d’intensif », fait-il remarquer au cours d’une visite pour les médias de la bleuetière de Sainte-Marguerite-Marie, près de Dolbeau-Mistassini.

Cueillette

On aperçoit des cueilleurs professionnels en train d’actionner des cueilleuses motorisées qui ressemblent à des tracteurs à gazon munis à leur extrémité d’immenses râteaux qui ramassent les bleuets.

D’autres poussent sur des cueilleuses à deux roues, ce qui est très fatigant.

Lorsque le mois d’août arrive, bien des travailleurs se font un revenu d’appoint en allant cueillir des bleuets. M. Senneville estime que 5 000 cueilleurs, 2 500 en bleuetières et 2 500 en forêts, travaillent pour son entreprise en pleine saison.

À elles seules, les sociétés Bleuets sauvages du Québec et Les Bleuets Mistassini Ltée, une entreprise familiale fondée par Jean-Marie Fortin, font vivre au moins 800 familles dans la région.

Bleuets Mistassini

Une visite effectuée chez Bleuets Mistassini Ltée permet de voir de l’équipement à la fine pointe de la technologie.

L’entreprise se spécialise dans la congélation des bleuets. On en congèle de 20 à 25 millions de livres par an.

Quatre-vingts pour cent de la production est exportée hors du continent, en France, en Angleterre, en Égypte, au Japon, etc., 15 %, aux États-Unis et 5 %, au Canada.

Les bleuets sont traités dans un délai de 12 heures après leur cueillette. Les petits fruits sont acheminés sur des convoyeurs où ils sont lavés, triés un peu comme on le fait pour des petits pois, avant de passer dans des tunnels de congélation rapide où tout fonctionne par ordinateur.

Une trieuse électronique permet de traiter 3 500 livres de bleuets à l’heure, au lieu de 1 500 auparavant.

L’entreprise est accréditée ISO-9002, casher et possède les certifications biologiques AIB et QAI. Soixante pour cent des ventes sont constituées de bleuets conventionnels contre 40 % pour les bleuets biologiques.

Ceux-ci se vendent de 30 à 40 % plus cher car on va les chercher jusqu’à 125 km en forêt, ce qui représente des frais, et il faut compter 8 % de perte au nettoyage.

En période de récolte, l’entreprise fonctionne 24 heures sur 24 pour 5 à 8 semaines, et le nombre d’employés passe de 80 à 150.

En vidéo, écoutez les explications de Daniel Simard, directeur général du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec.

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