Payant d'avoir Jacques Ménard comme président d'honneur
N.D.L.R. Chroniqueur au Journal de Montréal, Jean-Philippe Décarie rencontre cet été Québec inc sur les terrains de golf.
Jean-Philippe Décarie
Le Journal de Montréal
Il a été président de la Chambre de commerce de Montréal, président du conseil d’Hydro-Québec et des Expos de Montréal. Il a présidé durant trois ans la collecte de fonds qui a permis à l’Hôpital Sainte-Justine de recueillir 130 M$ alors qu’il était à la tête du comité qui s’est penché sur la pérennité du financement du système de santé au Québec. Ces quelques sidelines, Jacques Ménard les a cumulés tout en assumant la présidence du Groupe BMO pour le Québec et la présidence du conseil de BMO Marchés des capitaux, cette dernière fonction qui l’oblige à passer 50% de son temps à l’extérieur du Québec…
Cet emploi du temps on ne peut plus chargé n’a pourtant pas empêché Jacques Ménard d’être au rendez-vous convenu pour disputer notre ronde de golf sur le très sélect Mount Bruno Country Club.
Si la courte nomenclature des différentes activités que peut mener de front cet homme hyperactif impressionne, il faut prendre connaissance de son horaire de la semaine qui a précédé notre rencontre pour bien se rendre compte du prix qu’il faut payer quand on tient à s’impliquer pour et dans la communauté.
Le lundi, il a présidé le tournoi de golf du 100e anniversaire de Sainte-Justine, qui a permis d’amasser 840 000$. Le jeudi, il coprésidait avec Gregory Charles le Festival des olympiques spéciaux, une soirée qui a rapporté 550 000$ à l’organisme responsable de l’événement.
Le lundi précédant notre rencontre, il était président du Bal d’une nuit d’été, une soirée-bénéfice qui a enrichi de 700 000$ l’Orchestre symphonique de Montréal.
Ouvrir des perspectives
« Au cours des 18 derniers mois, j’ai dû refuser 15 présidences d’honneur. On ne peut pas être partout à la fois, et je veux réduire la cadence. Je me permets maintenant de soumettre la candidature de gens qui feraient très bien l’affaire », explique-t-il, en insistant toutefois sur l’importance de s’impliquer socialement.
« Plus tu réalises d’expériences différentes et plus tu vas enrichir ta vie. C’est important d’aller chercher des perspectives différentes. »
C’est à 24 ans, alors qu’il était jeune courtier en valeurs mobilières, que Jacques Ménard a commencé à s’engager socialement.
« On venait de créer Oxfam Québec et ce sont Pierre-Marc Johnson et Raymond Bachand qui m’ont demandé de devenir trésorier de l’organisme. J’ai toujours continué par la suite à m’impliquer dans différentes causes et différents organismes.
« En fait, j’ai appris ça chez les scouts et chez nous à la maison où mon père, Joseph-Napoléon Ménard, un banquier très conservateur, nous a appris l’importance de l’entraide », résume-t-il.
Mentorat
Depuis quelques années, Jacques Ménard tente d’ailleurs de partager avec les jeunes cadres et dirigeants de la Banque de Montréal l’importance de diversifier ses expériences.
« Je fais de plus en plus de mentorat et j’aime ça. Comme manager, tu dois amener les gens à pousser leurs limites, à survivre à leurs doutes.
« Diriger, c’est créer des leaders potentiels. Diriger, c’est se faire critiquer en comprenant qu’on est des agents de changement et qu’il faut nourrir la culture du changement », expose le gestionnaire.
« À titre de président de la Banque pour le Québec, je me fais un devoir de rencontrer nos gens partout, dans les succursales, sur les parquets de transactions, et de rencontrer nos clients, visiter leurs usines, observer ce qu’ils font.
« Je suis là pour défendre les gens, les valoriser et les appuyer. Depuis que j’ai 24 ans que je fais ça. À la base, je suis toujours resté un vendeur », constate Jacques Ménard.


