Option consommateur dénonce la publicité
Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal Les compagnies de téléphones sans fil induisent les jeunes en erreur au moyen de publicités trompeuses, selon une enquête d’Option consommateurs.
« Ce n’est pas avec la publicité imprimée que les jeunes peuvent faire un choix adéquat car elle est incomplète », analyse Me Jannick Desforges, d’Option consommateurs.
L’organisme vient de compléter une étude sur la publicité des entreprises de téléphonie cellulaire qu’elle a présentée au Bureau de la consommation d’Industrie Canada, la semaine dernière.
Option consommateurs a décidé de réaliser cette enquête après avoir reçu de nombreuses plaintes de parents au sujet des frais prohibitifs imposés à leurs ados par les fournisseurs de sans-fil.
Après avoir scruté les publicités de Rogers, Bell, Virgin, Telus et Fido, à l’aide de spécialistes en psychologie et en marketing, l’organisme conclut que celles-ci s’adressent principalement aux jeunes.
Option consommateurs a donc cherché à savoir si les adolescents sont bien informés par ces publicités et les vendeurs de téléphones portables. Les conclusions de son rapport sont accablantes.
« À partir de... » Pour illustrer les stratégies de vente trompeuses utilisées par les compagnies de téléphonie cellulaire, Option consommateurs note qu’il est fréquent de les voir annoncer des forfaits qu’ils prétendent disponibles à partir d’un certain montant d’argent.
« Les prix indiqués (sur les publicités, N.D.L.R.) ne veulent rien dire car on exclut de ces prix-là des frais obligatoires », fait remarquer Me Desforges.
Les coûts dissimulés, rédigés en caractères minuscules au bas des réclames, comprennent le service 9-1-1, des frais de mise en ligne ou des frais d’accès au système, entre autres, qui font considérablement grimper la note.
De plus, l’organisme a remarqué que l’utilisation du terme « sans contrat » qui désigne les « forfaits à la carte » est inexacte et contrevient à la Loi sur la protection du consommateur puisque tous les forfaits sont des contrats.
Enfin, l’étude de la jurisprudence permet à Option consommateurs d’en venir à la conclusion suivante : « Même si les adolescents ont le droit, dans certains cas, de signer des contrats, ces derniers pourraient être annulés s’ils étaient incapables de faire leurs paiements. »
Mais attention, prévient Me Desforges. « C’est de la théorie juridique. Le mieux, c’est de bien comprendre ce qu’on signe et de payer ses comptes. »
√ Une étude australienne récente a démontré que les factures de cellulaires constituaient la première source d’endettement des adolescents de ce pays.
√ Les compagnies de téléphonie sans fil contactées par le Journal ont expliqué vouloir attendre d’avoir le rapport entre les mains avant de le commenter.
mbisaillon@journalmtl.com


