«Il est temps de parler développement économique plutôt que discrimination»
Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal
La communauté noire de Montréal accueille favorablement l’initiative de Québec, mais certains croient qu’il en faudrait plus.
«Ces mesures répondent aux besoins de la communauté», lance Clarence Bayne, professeur retraité de l’École de gestion John-Molson, affiliée à l’Université Concordia.
«Il est temps que nous parlions de développement économique au lieu de discrimination. Voilà une approche positive», pense l’homme originaire de Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes.
«Je crois à ce projet et souhaite y participer», dit Oumy Sarr, une Sénégalaise d’origine installée chez nous depuis 15 ans. Celle-ci ambitionne de créer un organisme pour stimuler l’entrepreneuriat des femmes africaines.
Pas assez
Joseph-Maurice Chavannes, un homme d’affaires qui a quitté Haïti pour s’établir à Montréal en 1999, voit les choses d’un autre oeil.
«Je trouve que le fonds est mince en regard du nombre de membres de notre communauté. Le mentorat bénévole, c’est bien, mais il faut des ressources plus sérieuses», dit-il.
Cette opinion est partagée par Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec.
«La démarche est bonne mais elle ne répond pas aux problématiques de la communauté. Il y a 36% de décrocheurs chez nos jeunes», rappelle-t-il.
La Ligue des Noirs se penchera néanmoins sur l’opportunité de poser sa candidature pour devenir un des groupes communautaires qui épauleront les futurs entrepreneurs noirs, assure M. Philip.


