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Le lundi 6 juillet 2009

Québec doit-il revoir les conditions de récolte?

15 juin 2007 | 06h06
Webfin ARGENT | ARGENT 
 

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Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Comme un coup de massue sur la tête de ses 2400 employés en usine et en forêt, la compagnie Commonwealth Plywood, de Sainte-Thérèse, a décrété hier la fermeture, à compter du 1er juillet, de ses 18 usines de sciage et de déroulage de feuillu et de pin dans plusieurs régions du Québec.

«C’est un shut down total. On en a assez de perdre de l'argent. Il est temps que la population sache que ça va mal dans la forêt !» a martelé hier, en début de soirée, en entrevue au Journal de Montréal, le vice-président aux relations publiques et aux affaires gouvernementales, Robert Kieffer.

La compagnie ne ferme pas les usines de façon définitive et parle plutôt de fermetures «pour une période indéterminée».

«Mais il y a des usines qui ne rouvriront plus jamais leurs portes», a précisé le vice-président, sans en dire davantage.

Cette décision, qui a été rendue publique hier après-midi - le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, avait été prévenu par la compagnie, mardi, lors d'une rencontre privée à Québec -, constitue un nouveau chapitre de la crise forestière qui secoue le Québec tout entier depuis trois ans.

Jusqu'ici, plus de 12 500 emplois directs ont été éliminés, en plus des emplois indirects et des emplois perdus dans les sièges sociaux des papetières et des forestières.

Certains avancent que 20 000 emplois ont été sacrifiés dans cette industrie durement malmenée.

«Ce que nous vivons est insoutenable, et nous avons tenté en vain avec le gouvernement (Charest) de trouver des solutions.

«C'est simple : le bois que nous récoltons en forêt coûte beaucoup trop cher. C'est cela, le problème, mais personne (à Québec) n'a voulu le régler», a déploré le vice-président de la compagnie.

Fibre

Robert Kieffer précise que le coût de la fibre est «tellement élevé» au Québec que la compagnie en était venue à importer des États-Unis 85% de son bois de déroulage pour faire des économies de coûts.

«Nous sommes aux prises (au Québec) avec des normes très exigeantes qui ont fait exploser le coût de la fibre. Ça ne peut plus continuer de cette façon.

«Un mètre cube de bouleau jaune récolté en forêt était censé nous coûter 70$, mais avec les contraintes, il nous en coûtait 150$, compte tenu qu'on ne nous permettait pas de récolter des quantités suffisantes de bois de qualité.

«À ce prix-là, on a décidé de sortir de la forêt, et nous ne sommes pas les seuls !» a justifié le vice-président.

Il fait valoir qu'en trois ans, le nombre d'usines qui transforment le feuillu (bouleau jaune, bouleau blanc) est passé au Québec de 57 à seulement 10.

«Il n'y a pas à dire, ça fesse fort dans notre industrie. Il n'y a plus rien qui fonctionne. Il y a plein de régions qui souffrent et qui sont au bord de la crise», a-t-il ajouté.

Commonwealth Plywood avait déjà amorcé la fermeture d'une dizaine d'usines depuis deux ans.

«Il y en a parmi ces usines qui ne rouvriront pas», a répété Robert Kieffer.

Les régions affectées sont situées au Témiscamingue, dans le Pontiac, la Gatineau, les Laurentides et en Mauricie.

Béchard sensibilisé

Par ailleurs, en dépit du caractère dramatique de ces fermetures, la direction de Commonwealth Plywood ne semble pas avoir perdu tout espoir de trouver une piste de solution.

Dans un communiqué, le président de la compagnie, William T. Caine, fait valoir que le ministre des Ressources naturelles (Claude Béchard) a accepté de «relancer les négociations sur la réduction des droits de récolte».

«Nous avons eu une rencontre très positive avec le ministre cette semaine. Il nous a semblé plus à l'écoute que ses prédécesseurs», reconnaît Robert Kieffer.

Il se défend de vouloir exercer de la pression sur le gouvernement. «Nous, ce qu'on veut, c'est de pouvoir réduire nos coûts de récolte du bois en forêt, dit-il. On ne demande pas une cenne noire au gouvernement. On veut simplement plus d'équité pour pouvoir rentabiliser nos opérations.»

Le ministre Claude Béchard commentera aujourd'hui à Québec le dossier de la fermeture des usines de la Commonwealth Plywood.

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