Que se passe-t-il avec Couche-Tard?
Géraldine Martin Le Journal de Montréal
Que se passe-t-il chez Alimentation Couche-Tard (ATD.B)? L’action de la chaîne de dépanneurs a perdu 13 % depuis le début de l’année alors que le S&P/TSX, l’indice de référence à Toronto, a grimpé de 7 %. Mardi, le titre a même clôturé à 21,90$, un plancher des 18 derniers mois. Hier, il a rebondi de 10 cents pour terminer à 22,00$.
« Le marché de l’accommodation fait face à plusieurs vents contraires », explique dans une récente étude Martin Goulet, de la Financière Banque Nationale.
Les marges de profit sur la vente d’essence sont comprimées, la hausse du prix du pétrole pousse les clients à réduire leur consommation. Enfin, plusieurs États américains ont décidé de relever le niveau du salaire minimum, ce qui devrait contraindre Couche-Tard à hausser la rémunération de certains de ses employés.
À ces éléments qui touchent l’ensemble du secteur, il faut ajouter un événement spécifique à Couche-Tard : le départ ces dernières semaines de deux dirigeants clés. Il s’agit de Stéphane Gonthier, vice-président principal, Amérique du Nord Est, et de Charles Parker, responsable des dépanneurs de la Floride.
Selon les analystes, le premier aurait démissionné pour des raisons personnelles ; l’autre est parti chez le concurrent américain Village Pantry.
Direction
Bien que rien ne laisse penser qu’il y ait un problème au niveau du la direction chez Couche-Tard, ces départs ne sont jamais bons, explique Jean Duguay, vice-président chez Gestion de placements Eterna : « C’est souvent perçu comme une discorde au niveau du management. »
De son côté, M. Duguay est confiant dans l’équipe de direction de Couche-Tard : « L’entreprise a fait ses preuves en achetant et en rentabilisant un bon nombre d’entreprises », rappelle-t-il.
« Elle a réussi à aller aux États-Unis, là où d’autres ont échoué », ajoute Jean-Paul Giacometti, vice-président, Corporation gestion de placements Claret, en évoquant les mésaventures du Groupe Jean Coutu ou encore de Tim Hortons.
Perte de patience M. Duguay croit plutôt que le marché perd patience et qu’il voudrait voir de la croissance plus rapidement. « Les investisseurs sont devenus gourmands », dit celui qui pense qu’une grosse transaction pourrait survenir en 2008.
Si Couche-Tard prend son temps, c’est pour une bonne raison, explique de son côté M. Goulet : elle attend que la bonne occasion se présente au bon prix.
Depuis le début de l’année, Couche-Tard a acheté 28 magasins en Ohio et 53 dans la ville d’Oklahoma, aux États-Unis. L’entreprise, basée à Laval, compte au total 5 360 magasins en Amérique du Nord.
√ Alimentation Couche-Tard détient trois principales bannières : Couche-Tard, Mac’s et Circle K.



